SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 8

Petitous

Biographie

Marie-Josée Martin

Franco-Ontarienne d’adoption, Marie-Josée Martin est née à Montréal et s’est enracinée à Ottawa au début de sa vie adulte, après des études en lettres et en traduction. Elle a publié un premier roman en 2005. Son deuxième roman, Un jour, ils entendront mes silences (Éditions David, 2012), a remporté quatre prix littéraires, dont le Prix du livre d’Ottawa, le Prix littéraire Le Droit et le Prix Émergence-AAOF. Elle signe depuis plusieurs années la chronique livres du magazine À bon verre, bonne table. Pour en savoir plus : www.mariejoseemartin.com.

Résumé du chapitre

C’est le grand jour pour Petitous, devenue Anne quand elle a été baptisée par les prêtres récollets installés à Port-Royal. Aujourd’hui, elle est la plus heureuse des jeunes filles. Aujourd’hui elle se marie avec Pierre Martin, un Français qui, comme elle, est né ici à Port-Royal. Elle aspire à un avenir prometteur avec cet homme qu’elle admire et qu’elle aime de tout son cœur malgré les nombreuses difficultés et défis que va rencontrer ce couple peu ordinaire. Elle rêve d’avoir de beaux enfants qui réuniront leurs deux mondes. Français et Amérindiens. Alors que le prêtre qui doit les marier lui a recommandé de passer la matinée à prier dans la chapelle, la jeune fille va retrouver sa grand-mère dont elle espère recevoir les conseils. Elle pressent qu’elle aura besoin de toute la sagesse de son aînée pour l’accompagner dans sa nouvelle vie. Anne, du haut de ses seize ans, est tout feu tout flamme, tandis que sa grand-mère ne peut cacher son inquiétude liée à ce mariage de deux cultures qui sont on ne peut plus différentes. Elle raconte à sa petite fille sa jeunesse et l’arrivée des Français dont elle a été le témoin dans son enfance. Elle souligne avec humour qu’ils sentaient vraiment mauvais quand ils ont mis le pied sur les terres de ses ancêtres. Anne, sans le savoir, est porteuse du rêve de Champlain, car à travers cette union le mélange des peuples deviendra une réalité. Que va-t-il advenir de ce couple et de sa descendance? C’est ce que demande la grand-mère d’Anne sans oser toutefois lui en faire part.

Donner sa langue au chat

À venir...

Jongler avec les mots

Activité : Un lexique, des champs lexicaux

Objectif : Repérer un champ lexical en contexte et en faire bon usage

Mise en contexte : Un lexique est l’ensemble des mots et locutions formant la langue d’une communauté, d’un locuteur.
Un champ lexical, de son côté, est un groupe de mots qui se rapporte à la même idée (par exemple : église, prêtre, jésuites, etc.)

Matériel : Papier, crayon, surligneur et dictionnaire

Durée : 30 minutes

Nombre : individuel, en groupe de 4, puis toute la classe

Démarche : 

  1. Chercher individuellement tous les mots qui, dans le chapitre de Marie-Josée Martin, se rapportent à l’évangélisation des peuples autochtones par les Français (ex : la jeune fille s’appelle du prénom biblique « Anne »).
  2. En groupe de 4, comparer les listes dressées afin de compléter la liste de chacun.
  3. En ajoutant à tour de rôle un mot à la liste ainsi démarrée, créer un champ lexical autour du thème de la religion.
  4. Échanger avec le reste de la classe afin d’enrichir le champ lexical de chacun.

Jouer avec le texte

Activité : Le texte mangé par les rats

Activité : Le texte mangé par les rats

Objectif : Affiner ses habiletés en lecture

Mise en contexte : Imaginons un livre mangé par les rats… Il manque des morceaux de texte, des morceaux de mots, de la ponctuation. Le lecteur de ces pages aurait immédiatement le désir de combler les trous, de remplacer ce qui est absent, car l’esprit humain ne supporte pas le manque. 

Matériel : Dictionnaire

Durée : 10 à 15 minutes 

Nombre : Individuel

Démarche : Directement à l’ordinateur, recomposer le passage tiré du livre Sur les traces de Champlain en comblant les espaces vides avec les lettres appropriées.

Cuisine à la page

Fèves dans le sirop

Ingrédients (pour 6 personnes)

  • 3 t. de haricots blancs
  • 30 ml de gras animal
  • 1 morceau d’épaule d’ours
  • 1 oignon coupé en dés
  • 1 pommette coupée en dés
  • 5 gousses d’ail
  • 4 c. à table de moutarde
  • 2 c. à thé de poudre de piment
  • 2 t. de pâte de tomate
  • 1 t. de sirop d’érable
  • 45 ml de vinaigre de cidre
  • 3 t. de fond de gibier

Les Abénaquis avaient l’habitude de cuire leurs haricots dans l’eau d’érable pour leur donner un petit goût sucré. Lorsque les cuisiniers des bateaux faisant escale sur la côte est du continent le remarquèrent, ils adoptèrent la recette mais remplacèrent la sève par de la mélasse. Voilà l’origine des fèves au lard!

Préparation

  • Faire tremper les haricots toute la nuit dans l’eau froide.
  • Égoutter.
  • Mélanger tous les ingrédients dans un pot à bines et mettre au four à 100 °C (200 °F) pendant 3 à 6 heures.

Tourtière de canard

Ingrédients

  • 1 canard de 2,5 kg rincé et épongé
  • 425 g de farine
  • 1 g de sel
  • 180 ml de gras de canard très froid en morceaux
  • 90 à 120 ml d’eau glacée
  • 300 g de porc frais
  • 1 grosse pomme de terre
  • 30 ml de gras de canard fondu
  • 1 oignon jaune haché
  • 2 gousses d’ail hachées finement
  • 3 brins de thym frais, effeuillés
  • 5 ml de mélange de cinq épices chinois ou quatre épices
  • Quantité suffisante de sel fin et de poivre noir fraîchement moulu
  • 180 ml de fond de canard ou de fond de veau
  • 30 ml + 5 ml de sirop d’érable moyen
  • 1 jaune d’œuf, battu
  • Quantité suffisante de fleur de sel à l’érable (ou fleur de sel et flocons d’érable)

Préparation

  • Préchauffer le four à 200 °C (400 °F).
  • Mélanger la farine et le sel. Ajouter le gras.
  • Incorporer seulement la quantité nécessaire d’eau pour former une boule non collante.
  • Façonner deux galettes épaisses et les mettre dans deux sacs de plastique. Réfrigérer pendant 1 heure.
  • Cuire la pomme de terre avec la peau dans l’eau. Une fois cuite, l’éplucher et la piler avec une fourchette jusqu’à l’obtention d’une texture assez lisse.
  • Désosser le canard. Réserver seulement les cuisses désossées avec la peau (environ 335 g) ainsi que les poitrines et filets désossés avec la peau (environ 450 g). Couper en morceaux.
  • Passer les viandes très froides dans un hachoir avec la grille à gros trous. Réduire en hachis grossier.
  • Dans une grande casserole, cuire l’oignon avec l’ail dans le gras chaud.
  • Ajouter la viande, le thym et le mélange de cinq épices. Cuire à feu doux pendant 5 minutes en remuant. Assaisonner de sel et poivre. Bien mélanger. Ajouter le bouillon.
  • Cuire à feu doux pendant 25 minutes ou jusqu’à ce que ce soit bien cuit, en remuant de temps en temps.
  • Hors du feu, mélanger la viande avec la pomme de terre pilée et le sirop d’érable. Corriger l’assaisonnement au besoin. Laisser refroidir.
  • Sortir la pâte du réfrigérateur et abaisser la pâte à une épaisseur d’environ 4 mm entre 2 papiers sulfurisés ou parchemin.
  • Déposer une abaisse dans un moule à tarte et ajouter la garniture. Poser l’autre abaisse par-dessus. Faire trois incisions au centre. Sceller le rebord avec un peu d’eau.
  • Badigeonner la tourtière avec le jaune d’œuf et saupoudrer d’un peu de fleur de sel à l’érable.
  • Cuire au four à 200 °C (400 °F) sur la grille du bas environ 30 minutes.
  • Baisser la température du four à 175 °C (350 °F) et cuire jusqu’à ce que la tourtière soit dorée, environ 40 minutes. Cinq minutes avant la fin de la cuisson, à l’aide d’un pinceau, badigeonner légèrement la croûte avec 5 ml (1 c. à thé) du sirop d’érable réservé.
  • Sortir du four et laisser reposer 30 minutes avant de servir.

Activité : C’est totalement tautogrammatique

Objectif : Manipuler un vocabulaire qui sort de l’ordinaire, jouer sur et avec les mots pour créer des sensations

Mise en contexte : Le tautogramme est un exemple d’allitération où tous les mots commencent par la même lettre. Aujourd’hui, nous allons appliquer cette règle seulement pour les noms communs car en français le tautogramme total est très tordu, ce qui tend à troubler toutes et tous pour ce qui est de trouver des trucs, des tours de passe-passe, pour terminer. Voyez?

Matériel : Papier et crayon, dictionnaire des synonymes

Durée : 30 minutes d’écriture, plus 20 minutes pour partager avec les autres

Nombre : individuel

Démarche : C’est tellement bon qu’on en perd la faculté de parler normalement! Choisissez l’un de deux plats dont la recette est donnée plus haut, et lancez-vous dans l’écriture d’un tautogramme libre à son sujet. Vous pouvez raconter ce que vous voyez, vos impressions gustatives imaginaires, la panique dans la cuisine pour réunir tous les ingrédients et les accommoder. Vous pouvez même, à condition de n’en parler à personne, sortir très vite de cette cuisine et fabriquer un magnifique tautogramme de votre cru sans rapport avec les recettes!

  1. Choisir une lettre de l’alphabet, n’importe laquelle, mais en étant conscient que ce choix aura de lourdes conséquences.
  2. Ne pas s’affoler, il y a toujours une alternative au mot que l’on désire coucher sur le papier et qui ne commence pas par la lettre choisie.
  3. Laisser aller son imagination.
  4. Partager avec les autres : fou rire assuré!

Alternative : Chaque personne pioche au hasard une lettre dans un chapeau. Au moment de la lecture à haute voix, on procède dans l’ordre alphabétique.

On peut permettre à la rigueur un échange de lettre entre voisins, mais c’est une procédure extrême.

Histoire et géographie

Le choc des cultures

Contrairement aux Espagnols et plus tard aux Américains, Champlain n’a jamais eu l’intention de conquérir les autochtones par les armes. Il voulait s’y prendre de manière diplomatique, et pour se faire pensait qu’il était primordial que des Français prennent pour épouses des femmes autochtones. Son idée étant qu’ensuite il suffirait d’« évangéliser » les nations avec lesquelles collaboraient ses colons pour sauver leurs âmes. Les relations dans l’ensemble étaient harmonieuses : il n’était pas rare de croiser des groupes d’autochtones dans les rues des villes et des villages. Cependant, l’arrivée des Européens en Amérique du Nord a constitué un choc culturel profond, et a entraîné des conséquences néfastes pour les populations des différentes nations autochtones. En effet, les Français apportèrent avec eux des maladies qui leur étaient étrangères, la variole par exemple, et qui décimeront la population. L’évangélisation a également causé de graves problèmes identitaires, contraignant les autochtones à nier ce qu’ils étaient au plus profond d’eux-mêmes.

Nations autochtones

Titre : Canada ou Nouvelle France, Nouvelle Angleterre, Terres des Abénaquis (vers 1700)
Source : Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Canada_ou_Nouvelle_France,_Nouvelle_Angleterre,_Terres_des_Abenaquis.jpg

Les Abénaquis

Au 17e siècle, les Abénaquis étaient des chasseurs, mais ils vivaient également du produit de la pêche et de la cueillette. L’orignal était l’un de leurs gibiers favoris. Ils se déplaçaient principalement en canots pour sillonner les lacs et cours d’eau. L’écorce de bouleau servait à la fabrication de ces embarcations ultralégères. Pendant les saisons où le poisson abondait, ils construisaient leurs villages tout près de chutes pour y pêcher les poissons migrateurs, comme le saumon. Pendant les autres saisons, ils se dispersaient avec leurs familles sur la ligne côtière, ou dans de petits campements près des affluents à l’intérieur du continent. Ces campements constituaient le camp de base des territoires de trappe à l’époque de la traite des fourrures. Quand le commerce des fourrures a commencé à décliner, nombre d’Abénaquis se sont tournés vers les activités liées au bois et la vannerie.

Activité : C’est pour tout le monde pareil

Objectif : Écrire un texte dont l’incipit et la conclusion sont fixes

Matériel : Papier et crayon

Mise en contexte : Vous êtes un explorateur qui découvre une île très peuplée qui n’a jamais été répertoriée dans les atlas de géographie. 
La population autochtone de cette île n’a jamais eu accès aux technologies du 21e siècle : on vit encore ici de la même manière qu’au Canada au 17e siècle, et vous pouvez vous inspirer plus ou moins de l’exemple des Abénaquis pour vous guider.

Durée : 30 minutes d’écriture, plus 20 minutes de lecture à haute voix 

Nombre : individuel

Démarche : Écrire un récit racontant les péripéties d’un explorateur (ou d’une exploratrice!) dont le bateau s’est échoué sur des rivages inconnus. Le récit doit s’ouvrir et se conclure par les phrases suivantes :

Incipit : Notre bateau s’échoua sur une plage déserte, à mille milles de toute terre habitée, et quelle ne fut pas notre surprise…

Conclusion : Il était temps pour nous de reprendre la mer

Récits de la création

Les récits de la création racontés par les Abénaquis suggèrent que tout était silence, qu’il n’y avait pas de couleurs dans le monde jusqu’à ce que le créateur remplisse la Terre de vie et de lumière. C’est Gici Niwaskw, qu’on appelle aussi le « Grand Esprit », ou le « Créateur », qui a créé le monde en entier. Il ordonna à Tolba, la Grande Tortue que l’on retrouve dans nombre de récits de la création autochtones sous une forme ou sous une autre, de sortir de l’eau pour former la terre. Il créa les montagnes et les vallées sur le dos de Tolba, ainsi que les nuages au-dessus de sa tête. À l’image de nombreux autres peuples autochtones, les Abénaquis proposent des récits qui présentent un créateur, un être bienveillant et abstrait qui n’interagit pas directement avec les humains. Comme chez d’autres tribus algonquines, le Grand Esprit des histoires abénaquises est rarement personnifié, et les légendes orales ne lui assignent pas de sexe en particulier.

Mais qui sont donc les Algonquiens?

Les Algonquiens se subdivisent en plusieurs nations, dont les Algonquins, les Cris, les Ojibwés, les Mi’gmaqs, les Naskapis, les Abénaquis, les Montagnais, les Malécites, les Attikameks, les Miamis et les Illinois, les Arapahos, les Pieds-Noirs et les Cheyennes… En Gaspésie et en Acadie, on retrouve aussi des Mi’gmacs, ainsi des Abénaquis et les Malécites.  Sur la rive nord du Saint-Laurent, dans le Labrador ainsi que dans les régions du Saguenay et du Lac-Saint-Jean se trouvent les territoires traditionnels des Montagnais (connus aussi sous le nom d’« Innu »). Les hommes de ces peuples nomades pêchaient et chassaient, tandis que les femmes ramassaient des baies, des racines et des graines. L’été, ils se déplaçaient en canot, tandis que l’hiver ils utilisaient des raquettes et des toboggans. Ils habitaient dans des tentes en forme de cônes renversés faites de bois et recouvertes de peaux de bêtes ou d’écorce et appelées des « wigwams ». Leurs vêtements étaient confectionnés de peaux et de fourrures d’animaux. Leurs communautés s’organisaient selon une structure patriarcale, où les hommes étaient les chefs des familles et des tribus. Le shaman était aussi une personnalité importante de la société algonquienne : on le respectait pour ses talents de guérisseur et aussi pour sa capacité à influencer les forces de la nature et celle de chasser les mauvais esprits.

Activité : Le mariage du siècle

Objectif : Changer de point de vue en inversant les rôles, s’exercer à la construction de personnages

Matériel :
Papier et crayon


Durée : 30 minutes d’écriture, plus 20 minutes de lecture à haute voix

Nombre :
 individuel


Démarche :
 Inverser les rôles et écrire une histoire en utilisant les champs lexicaux que vous avez créés dans la rubrique « Jongler avec les mots » et les connaissances accumulées sur le mode de vie des Abénaquis. Dans cette version, une jeune Française épouse un jeune homme abénaquis et se doit de partager ses croyances et sa culture. Même si elle aime profondément son futur époux, elle reste troublée par certaines de ses coutumes et croyances, qui sont tellement éloignées des siennes. Qui est-elle? Qui est-il? Quel est leur projet commun? La caractérisation des deux personnages est très importante pour que l’on comprenne les réflexions de la jeune mariée.

C’est peut-être un épisode pendant lequel elle aide à la préparation du banquet de mariage. Le récit peut inclure la découverte d’une croyance qui lui rappelle sa propre religion. Les possibilités sont infinies…