SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 7

Port-Royal, pas si royal que ça

Biographie

Gracia Couturier

Gracia Couturier est une Acadienne qui habite la côte atlantique. Romancière, dramaturge et scénariste, elle s’aventure dans les structures fractales pour explorer les méandres de la nature humaine, jusqu’aux permutations entre la lucidité et la folie. Elle a écrit pour les adultes et pour la jeunesse : une douzaine de pièces de théâtre, cinq romans, quelques albums, et une série pour la télévision. Elle privilégie la fiction, qui selon elle recèle souvent plus de vérité que l’essai. Son roman Chacal, mon frère, paru aux Éditions David en 2010, lui a valu le Prix des lecteurs Radio-Canada et le prix France-Acadie.

Résumé du chapitre

La colonie s’est reconstruite à Port-Royal avec des matériaux récupérés à l’île Sainte-Croix. Les maisons de bois se dressent fièrement près de l’embouchure de la rivière Annapolis. On y retrouve Pierre Dugua de Mons et Samuel de Champlain. Afin de remonter le moral de ses troupes, qui ont été pas mal secouées par le malheur entourant l’île Sainte-Croix, ce dernier fonde l’Ordre du bon temps durant l’hiver 1606. On ne pouvait lui donner de nom plus adéquat. Il décide d’organiser un évènement digne des plus belles réceptions parisiennes sous la houlette de ce premier club social à voir le jour en Amérique du Nord.

L’Habitation est en ébullition et Bertrand suit les préparatifs avec le plus vif intérêt, mais de loin. Lui qui n’est qu’un roturier n’a pas été invité aux festivités. Il est assez jaloux de la quarantaine de Micmacs qui auront accès aux réjouissances. Cette injustice criante le rend malade. Il ne peut s’empêcher de saliver à la vue des victuailles livrées en abondance à l’Habitation et destinées à remplir la panse des invités de marque du Maître. Comme il n’est jamais à court d’idées, Bertrand aimerait bien prendre au passage ce qu’il considère comme son dû, mais il se retient. Comme il est formellement interdit de traîner aux alentours de la demeure du sieur de Champlain, il se fait arrêter. On le confie aux gardes suisses, car il n’y a pas encore de prison à Port-Royal. Une fois relâché, Bertrand concocte un nouveau plan pour participer ni vu ni connu au prochain dîner organisé par l’Ordre du bon temps. Rira bien qui rira le dernier, pense-t-il en son for intérieur.

Donner sa langue au chat

Attention : dans cette activité, plusieurs réponses peuvent être valides…

1. Complétez la phrase : Le scorbut est…

  • Une avitaminose C
  • Le mal de la terre
  • Fréquent de nos jours
  • Mortel
  • De la même famille que le mot « ascorbique »

2. Lequel de ces mots est synonyme de « disette »?

  • Profusion
  • Richesses
  • Pénurie
  • Carence
  • Abondance
  • Conversation

3. Que sont les roturiers dont Gracia Couturier parle à la page 78?

  • Des gens du peuple
  • Des ouvriers
  • Des autochtones
  • Des artisans
  • Des aristocrates
  • Des gentilshommes

4. Que sont les « Suisses » dont il est question dans le chapitre 7?

  • Des habitants de la Suisse
  • Des soldats
  • Des gendarmes
  • Des gardes
  • Des égoïstes
  • Des bedeaux

5. Quel est le sens du mot « sarcelle » dans le texte?

  • Une ville de la banlieue parisienne
  • Une espèce de gibier
  • Un canard sauvage
  • Une teinte de bleu

6. Quels sont les synonymes de l’adjectif « impudent »?

  • Effronté
  • Insouciant
  • Affable
  • Sans gêne

7. Trouvez trois anagrammes du mot « sitar » (on peut utiliser des verbes conjugués).

8. Le mot « panégyrique » est un antonyme de :

  • Acclamation
  • Félicitations
  • Calomnie
  • Accusation

9. Page 87, quel est le sens de « la tuque »?

  • Bonnet
  • Friandise
  • Sucrerie
  • Calotte

10. Parmi les mots suivants, trouver tous les sens du mot « alcôve » :

  • Niche
  • Commerce
  • Chambrette
  • Union

Réponse :

1. Une avitaminose C; Le mal de la terre; Mortel; De la même famille que le mot « ascorbique » 2. Pénurie; Carence 3. Des gens du peuple; Des ouvriers; Des artisans 4. Des soldats; Des gardes 4. Une espèce de gibier; Un canard sauvage 6. Effronté; Sans gêne 7. Stria, taris, trais, trias, tiras 8. Calomnie; Accusation 9. Bonnet; Calotte 10. Niche; Chambrette.

Jongler avec les mots

Activité : Logorallye

Objectif : Développer la créativité et l’imagination à travers une gymnastique d’écriture

Matériel : Papier et crayon

Durée : 20 minutes d’écriture, plus 20 minutes lecture à haute voix

Nombre : individuel

Démarche : Vous allez reprendre tous les mots dont on cherchait la définition dans l’activité « Donner sa langue au chat » du présent chapitre, et les utiliser dans un logorallye.

Il s’agit de les intégrer, dans l’ordre où ils sont donnés, dans un récit cohérent. Il peut être fantaisiste, tant qu’il est compréhensible et agréable à lire.

En ce qui concerne les mots qui ont plusieurs sens, vous pouvez les utiliser dans n’importe lequel d’entre eux, pas seulement celui employé dans le texte de Gracia Couturier.

Jouer avec le texte

À venir...

Cuisine à la page

L’outarde est une oie sauvage qui porte aussi le nom de « bernache » et qui pèse entre 3 et 8 kilos. Son plumage est brun foncé mais son collier et son ventre sont blancs. Comme toutes les oies, c’est un oiseau migrateur qui quitte le Canada à l’automne pour y revenir au printemps. La formation de vol des outardes est très caractéristique, on l’appelle formation en « V ». Elle niche au nord du Canada.

Outarde rôtie la tête en bas

L’outarde est cuite avec des légumes et des herbes dans un bouillon savoureux, puis elle est retournée vers la fin de la cuisson.

Ingrédients

  • 1 bâtonnet de beurre
  • 250 ml de carottes coupées en dés
  • 250 ml de céleri coupé en dés
  • 250 ml d’oignon coupé en dés
  • 1 pomme moyenne, évidée, pelée et coupée en dés
  • 4 gousses d’ail, hachées finement
  • 350 ml de bouillon de veau (ou de bouillon de poulet faible en sel)
  • 50 ml de vin blanc sec
  • 4 c. à soupe de persil frais haché
  • 2 c. à soupe de romarin séché
  • 2 c. à soupe de thym séché
  • 4 feuilles de laurier
  • 5 ml de sel
  • 5 ml de poivre concassé
  • 1 outarde (de 3 à 5 kg) habillée

Préparation

  • Préchauffer le four à 375 °F (190 °C). Faire fondre le beurre dans une grande rôtissoire (munie d’un couvercle) à feu moyen. Ajouter les carottes, le céleri, l’oignon, la pomme et l’ail. Faire sauter de 8 à 10 minutes. Ajouter le bouillon, le vin, le persil, le romarin, le thym, les feuilles de laurier, le sel et le poivre. Augmenter le feu, amener à ébullition et laisser bouillir pendant environ 1 minute. Réduire le feu à moyen et laisser mijoter de 6 à 8 minutes.
  • Ajouter l’outarde et lui faire une place au milieu des légumes et du liquide. Verser du bouillon et des légumes sur l’outarde et ajouter de l’eau de façon à recouvrir la moitié de l’oiseau. Couvrir et laisser rôtir pendant environ 75 minutes. Retourner l’outarde et poursuivre la cuisson pendant 15 minutes, ou jusqu’à ce qu’un thermomètre à viande inséré près de l’os de la patte indique 160 °F (70 °C). Retirer l’outarde de la rôtissoire. Déposer l’oiseau dans une autre rôtissoire, et faire dorer au four à 375 °F (190 °C) jusqu’à ce que la peau soit croustillante.
  • Retirer du four et laisser l’outarde reposer pendant environ 10 minutes avant de la découper. Verser du bouillon et des légumes sur chaque portion. Vous pouvez également épaissir le liquide de cuisson et en faire une sauce.

Activité : La cuisine est un jeu d’enfant

Objectif : Changer de cible

Matériel : Papier et crayon, ordinateur pour les recherches

Durée : 30 minutes d’écriture, plus 20 minutes pour partager avec la classe et voter

Nombre : individuel

Démarche :

  1. Reprendre la recette de l’outarde rôtie la tête en bas en présentant les instructions de façon à ce qu’elles puissent être compréhensibles pour des enfants. Attention, il faut que ce soit compréhensible et suffisamment simple pour que les enfants puissent réaliser la recette, avec l’aide d’adultes au besoin. Penser également aux mises en garde qui accompagnent généralement les recettes de cuisine destinées aux enfants.
  2. Trouver un titre qui plairait aux enfants. N’oubliez pas d’inclure une anecdote en introduction, les enfants adorent ça…
  3. Présenter le résultat à la classe, qui doit voter pour la meilleure adaptation.

Histoire et géographie

Titre : L’Ordre de Bon Temps, Charles W. Jefferys (1606)
Source : Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:L%27Ordre_de_Bon_Temps,_1606.jpg

L’Ordre du bon temps

L’Ordre du bon temps fut créé dans le courant de l’hiver 1606-1607, pour permettre aux hommes de bien se nourrir tout d’abord, mais aussi dans le but de les divertir. C’était devenu indispensable pour améliorer leur santé et leur moral durant l’hiver qui était rude et beaucoup trop long, à les en croire. Comme l’écrivit Lescarbot à l’époque : « le souper est toujours un festin digne de la cour du roi ». Tous les membres occupaient à tour de rôle la fonction d’architriclin, ce qui veut dire « maître d’hôtel ». Malheureusement cette belle expérience ne dure qu’un seul hiver.

L’Ordre de bon temps réunissait les hommes importants de la colonie. Membertou et Messamouet, les chefs mi’gmaq de la région, étaient fréquemment invités. Lors de ses expéditions autour de la baie de Fundy à la recherche de mines de cuivre, Champlain avait eu pour guide Messamouet. Ce dernier avait traversé l’Atlantique dans un bateau de pêche basque et s’était rendu en France où il avait demeuré dans la maison du gouverneur de Bayonne, aventure dont il avait fait part à Champlain.

Les gentilshommes étaient en mesure de proposer un grand choix de viandes, notamment de la volaille (canards sauvages, oies et perdrix entre autres), de l’orignal, du caribou, du castor, de la loutre, de l’ours, du lapin, du chat sauvage et du raton laveur, les ressources ne manquant pas en Nouvelle-France. Pour assaisonner les plats, on utilisait surtout du poivre, de la cannelle, le clou de girofle et la muscade. Les herbes aromatiques comme le thym, le cerfeuil, le laurier et la marjolaine étaient également largement utilisées pour parfumer les mets.

Voici quelques exemples de plats qui auraient pu figurer au menu d’un repas de l’Ordre du bon temps : potage à la citrouille, anguille à l’étuvée, esturgeon à la Sainte-Menehould, fricassée d’épinards, topinambours en beignets, tarte à la chair de pommes et de poires et tarte de massepain.

Activité : Menu de fête

Objectif : Faire des recherches et organiser ses résultats, exercer son esprit critique 

Matériel : Papier et crayon, ordinateur pour les recherches

Durée : 40 minutes de recherche et écriture, plus 20 minutes pour partager avec la classe et voter 

Nombre : groupe de 2


Démarche : Nous sommes en 1606. C’est votre tour d’être l’architriclin et de préparer un banquet digne de la cour de Versailles. Vous allez composer le plus fantastique des menus pour vos hôtes, un menu composé de 5 plats originaux.

Vous pouvez soit vous inspirer des recettes proposées dans les différents chapitres à la rubrique « Cuisine à la page », soit chercher des recettes originales en utilisant l’Internet.

Une fois que vous aurez choisi les différents plats que vous allez présenter, il vous faudra réaliser la carte dévoilant le menu de la soirée. Votre but est d’épater tout le monde, bien entendu.

Enfin, vous présentez votre menu à toute la classe. Le menu le plus réussi sera élu « Menu de la soirée ».

La calligraphie, le choix des plats, ainsi que la conception visuelle de la carte seront pris en compte.

Activité : À la recherche du bon temps perdu

Objectif : Réaliser des recherches dont le but est de nourrir l’écrit

Mise en contexte : Vous avez pour mission d’écrire un livre sur l’alimentation à l’époque de Champlain. Les recettes traditionnelles autochtones vous aideront à déterminer quelles étaient les denrées comestibles qui étaient utilisées à l’époque, que ce soit celles originaires de Nouvelle-France ou celles qui étaient apportées par les colons.

Matériel : Papier et crayon, ordinateur pour les recherches

Durée : 30 minutes de recherche, 30 minutes d’écriture, plus 20 minutes pour mettre les ressources de toute la classe en commun

Nombre : groupe de 2 ou de 4

Démarche :

  1. Répartir le travail entre les membres du groupe.
  2. Consulter les recettes proposées dans les rubriques « Cuisine à la page » : cela vous donnera une bonne idée des denrées utilisées, des viandes consommées.
  3. Faire deux listes : une pour les denrées utilisées à l’époque, une de chose qu’on ne trouvait pas à l’époque.
  4. Faire un compte rendu à la classe et discuter de vos découvertes, par exemple des différences entre l’alimentation d’hier et d’aujourd’hui.

Nations autochtones

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