SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 20

L'homme de Champlain : Gaston Lheureux (dit le Triste)

Biographie

Daniel Marchildon

« Avec ou sans raison, mais toujours avec passion », telle est la devise qui inspire Daniel Marchildon. Il est né dans les années 1960 à Penetanguishene, Huronie, où il vit encore aujourd’hui. Écrivain, rédacteur, scénariste, interprète historique et traducteur pigiste, il a incarné le père de la Nouvelle-France le 1er août 2015, lors de la commémoration du 400e anniversaire de l’arrivée de Champlain en Ontario. Son œuvre comprend neuf romans pour jeunes et quatre romans pour public adulte. Sa saga familiale, L’eau de vie (Uisge beatha), publiée aux Éditions David, figure dans la liste des cent livres canadiens incontournables selon Radio-Canada.

Résumé du chapitre

Gaston Lheureux dit « le triste » vit dans l’ombre de Champlain. Il veille à son bien-être et obéit à toutes ses requêtes. S’il a le visage bougon, c’est que son maître ne lui accorde pas la moindre reconnaissance alors qu’il ne peut même pas se débrouiller sans lui. En cet automne 1615, Gaston se retrouve donc coincé chez les Hurons-Wendats aux côtés de son maître, et cela ne lui fait pas plaisir du tout. Champlain est blessé à la jambe, et aussi dans son amour-propre, ce qui n’est pas sans déplaire à son domestique. À chacun son tour de vivre des jours difficiles. Gaston en veut à Champlain, qui le dévalorise et l’humilie à tout bout de champ au point où il se sent plus souvent esclave que domestique. Il lui arrive de temps en temps de souhaiter la disparition de son maître. Quand Champlain, qui ne sait pas nager, est tombé de son canot, Gaston a fait comme si de rien n’était. Heureusement, quelqu’un d’autre est allé le secourir avant que Gaston décide de l’attitude à adopter. Et aujourd’hui, cela fait trois jours que Champlain n’est pas rentré au camp. Gaston imagine le pire. Il ne s’en inquiète outre mesure, mais d’un autre côté il est un peu angoissé par le tour que prendraient les évènements si jamais Champlain disparaissait pour de bon. Il se sent aussi un peu responsable de l’absence de son maître car il était si distrait au moment de préparer ses affaires qu’il ne souvient pas de ce qu’il a mis dans le sac. Champlain va-t-il retrouver son chemin et sortir enfin de la forêt menaçante?

Donner sa langue au chat

Attention : dans cette activité, plusieurs réponses peuvent être valides…

1. Fourbir se dit d’un objet qu’on…

  • Peaufine
  • Frotte
  • Brique
  • Nettoie
  • Astique

2. De quoi tire-t-on l’étoupe?

  • Du lin
  • Du chanvre
  • De filasse
  • De poil d’ours

3. L’adjectif « tellurique » vient du mot…

  • Terre
  • Séisme
  • Mer
  • Ciel

4. Qu’est-ce qu’un malandrin?

  • Un voleur de grand chemin
  • Un pirate
  • Un coupe-jarret
  • Un crocheteur

5. « Talle » vient du latin thallus qui veut dire « jeune pousse avec des racines au pied d’un arbre ». Parmi les mots suivants, lequel n’appartient pas à la famille de « talle »?

  • Thalle
  • Détaler
  • Taller
  • Tallage

6. Qu’est-ce que le Chaousarou?

  • Un monstre
  • Un poisson
  • Un gougou
  • Un piège

7. Le mot « thomisme » qualifie la doctrine philosophique et théologique développée par…

  • Thomas Edison
  • Thomas Browne
  • Thomas Hardy
  • Thomas D’Aquin
  • Thomas Jefferson

8. « Amphigourique » est un adjectif s’appliquant à un discours qui est :

  • Fumeux
  • Limpide
  • Nébuleux
  • Flou
  • Clair

9. Dans ce chapitre, le mot « chimère » fait référence à un :

  • Monstre fabuleux de la mythologie grecque
  • Assemblage monstrueux
  • Projet illusoire ou irréalisable
  • Poisson à grosse tête qui vit au fond des mers
  • Organisme portant des caractères génétiques issus de deux génotypes différents

10. Que veut dire l’adjectif « lancéolé »?

  • Qui a la forme d’une pointe de lance
  • Caractérisé par une lancette
  • Dont la forme extérieure est plus ou moins sphérique

11. « Ziggourat » est un mot akkadien, langue afro-asiatique du groupe sémitique (comme le babylonien), et qui veut dire :

  • Sanctuaire mésopotamien
  • Temple formé d’étages en retrait l’un sur l’autre et surmonté d’un sanctuaire
  • Ville de Mésopotamie
  • Un édifice babylonien

Réponse :

1. Peaufine; Frotte; Brique; Nettoie; Astique 2. Du lin; Du chanvre; 3. Terre 4. Un voleur de grand chemin; Un pirate; Un coupe-jarret; Un crocheteur; 5. Détaler 6. Un monstre; Un poisson 7. Thomas D’Aquin 8. Fumeux; Nébuleux; Flou 9. Projet illusoire ou irréalisable 10. Qui a la forme d’une pointe de lance 11. Temple formé d’étages en retrait l’un sur l’autre et surmonté d’un sanctuaire

Jongler avec les mots

Activité : Au commencement était… l’incipit

Objectif : Apprendre à commencer du bon pied

Mise en contexte : « Incipit » vient du verbe latin incipere, qui veut dire commencer. L’incipit est la première phrase, le tout début du roman ou récit quel qu’il soit; c’est ce qui va mettre l’écrivain et son texte en orbite. Bien sûr il y a plus : ce petit morceau d’écriture donne le ton du texte à venir, il renseigne le lecteur sur le point de vue du narrateur, il aide à faire connaître les choix stylistiques de l’auteur. C’est la première rencontre entre un auteur et son roman, c’est aussi la première rencontre entre le lecteur et ce roman.

Comme le disait Aragon en parlant de l’incipit : « Son importance tient précisément en ceci qu’elle est la première, et non la seconde, qu’elle commence et ne prolonge pas… »

On a tous en têtes quelques incipit célèbres :

« Longtemps je me suis couché de bonne heure. » Qui en est l’auteur?

« Lorsqu’il fut décidé, au printemps 1913, qu’Alexandre Sellier partirait pour le Nouvel-Ontario à la recherche de François-Xavier, on croyait que ce voyage serait assez bref. » Qui en est l’auteure?

Matériel : Papier et crayon

Durée : 45 minutes d’écriture, plus 20 minutes de partage de récits

Nombre : individuel

Démarche : Le chapitre de Daniel Marchildon commence par ces quelques mots :

« Si Champlain ne sort pas vivant de la forêt bientôt, que va-t-il m’arriver? »

Ces paroles sont prononcées par Gaston, le domestique de Champlain, on le saura bientôt.

Continuer l’histoire comme vous voulez, sans même avoir besoin de faire dire ce texte par Gaston : il se pourrait bien que quelqu’un d’autre en soit l’auteur.

Il ne s’agit pas de copier Marchildon, juste de prendre cette première phrase et de la faire évoluer autrement. Les possibilités sont infinies.

Activité : Quatrième de couverture

Objectif : Attirer en quelques lignes l’attention d’un lecteur en puissance

Mise en contexte : La quatrième de couverture se trouve sur le dos du livre, c’est ce que le lecteur lit en premier pour savoir de quoi il retourne. Il n’y a pas vraiment de règles pour écrire une quatrième de couverture, ce qui ne l’empêche pas d’avoir un rôle bien précis : ouvrir l’appétit du lecteur, et c’est en soi tout un art. Encore plus que pour l’incipit, il faut accrocher le lecteur, qui n’ira pas plus loin s’il n’est pas satisfait. Il vaut mieux pour ce faire éviter les banalités; il ne faut pas non plus résumer le livre, mais plutôt voir ce court texte comme une porte d’entrée dans le roman. Éveiller la curiosité du lecteur est au cœur d’une quatrième réussie.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 45 minutes d’écriture, plus 15 minutes de lecture à haute voix


Nombre :
 individuel


Démarche :
 Considérer le chapitre 20 comme étant le roman écrit par Gaston sur ses aventures avec le Sieur de Champlain en Nouvelle-France. Écrire une quatrième de couverture qui donne envie de lire ce roman.

Activité : Tous pour un

Objectif : Trois narrateurs = trois points de vue

Mise en contexte : À la page 223, Gaston raconte qu’il n’a pas levé le petit doigt pour sauver son maître de la noyade, tant il était en colère contre lui. On imagine que Champlain ne s’en est pas rendu compte.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 90 minutes pour écrire 3 récits


Nombre :
 individuel


Démarche :
 Et si Champlain avait vu que Gaston n’a pas fait un geste pour le sauver?

Raconter cette histoire de trois points de vue différents : celui de Gaston, celui de Champlain, et celui du guide ou d’un autre témoin de la scène.

Il serait encore plus amusant de choisir d’autres narrateurs, tels que la rivière, le canot renversé, un orignal sur l’autre berge, le chien qui accompagne les personnages, les arbres, etc.

Activité : La peur du vide

Objectif : Écrire la partie manquante pour compléter le récit

Mise en contexte : Imaginons un texte dont il manque des morceaux. Le lecteur de ces pages aurait immédiatement le désir de combler les trous, de remplacer ce qui est absent, car l’esprit humain ne supporte pas le manque.

Matériel : Papier, crayon et dictionnaire

Durée : 30 minutes pour réécrire ce qui manque


Nombre :
 individuel


Démarche :
 Remplir les trous, mais ne pas chercher à reproduire le texte de Daniel Marchildon. Inventer plutôt de quoi faire le lien entre ce qui précède et ce qui suit la partie d’histoire manquante. Le texte doit faire au moins une page et tous ces éléments, ces fragments, doivent y figurer.

Champlain avait retrouvé sa bonne _____. Voilà trois jours.

À l’orée du camp _____ bourgade.

Je lui souris _____.

Ici, on ne sait jamais qui pourra _____, ici.

J’ai pu témoigner _____.

Au mois d’août, _____ Andicha.

Une des premières nuits _____.

J’ai entendu la voix _____.

Contrairement à _____ me faire comprendre.

Ce soir-là, _____ plaire.

Il _____ cabane.

Je sens de l’agitation du côté _____ ils pourraient perdre.

Activité : Balade en Agrammaticalité

Objectif : Écrire un texte qui ne respecte pas les règles les plus élémentaires de la grammaire

Mise en contexte : La poésie et la chanson aiment bien créer de nouvelles images pour frapper l’imagination. Transgresser des règles qu’on connaît très bien a pour but de créer une nouvelle dynamique des mots en inventant une langue différente qui obéit à des lois nouvelles. Voici un morceau de la chanson Dès que le vent soufflera pour illustrer cette contrainte. Son auteur, Renaud, a fait toute sa carrière en « massacrant » gentiment la langue française, ce qui lui donne tout son charme.

Dès que le vent soufflera je repartira
Dès que les vents tourneront nous nous en allerons

Cet extrait du recueil Néologirouettes montre que le poète Daniel Aubin n’hésite pas à prendre quelques libertés volontaires avec la langue pour lui conférer un rythme endiablé :

monologues maladroitement marmordonnés
dodus dialogues dont la diasporadique
disparition
m’envoie par ici
par là-bas
trébuchant sur ma tralalangue

Matériel : Papier, crayon et une bonne grammaire

Durée : 45 minutes d’écriture créatifiante, plus 20 minutes de partage des textes


Nombre :
 groupe de 2


Démarche :
 Écrire deux strophes d’un poème ou deux couplets d’une chanson en se permettant d’infliger des entorses à la langue pour créer des images et sonorités amusantes.

Alternative : choisir un produit quelconque et écrire un message publicitaire à son sujet en respectant la consigne de l’agrammaticalité.

Attention, l’agrammaticalité n’est pas synonyme de mauvais français! Il s’agit de bien comprendre les règles et de les détourner pour susciter des réactions et des réflexions chez les lecteurs.

Jouer avec le texte

À venir...

Cuisine à la page

Ingrédients

  • 1 poule d’environ 1 kg
  • 7 carottes moyennes
  • 1 citron
  • 400 gr de collier de porc
  • 5 navets
  • 2 c. à soupe de farine
  • 200 gr de maigre de porc
  • 5 poireaux moyens
  • 1 kg de tomates fraîches
  • 100 gr de maigre de veau
  • 10 gousses d’ail
  • Un os de bœuf
  • 2 tranches de jambon de Bayonne sec
  • 1 pied de céleri
  • 500 gr de riz non traité
  • 3 œufs frais
  • 7 clous de girofle
  • 1 bouquet de persil
  • 1 gros chou pommé
  • 200 gr de pain rassis
  • Sel et poivre
  • Sel et poivre
  • 60 gr de beurre

Préparation

La farce

  • Découenner le collier de porc.
  • Hacher la viande, 1 oignon, 3 gousses d’ail et les abats si possible.
  • Hacher la mie de pain, ajouter 1 œuf entier, sel, poivre. Mélanger soigneusement.

La poule

  • Farcir la volaille, la coudre, la ficeler. Réserver de la farce pour les choux farcis.
  • Mettre de l’eau froide dans une grande marmite, y mettre la poule avec un os de bœuf.
  • Porter à ébullition, écumer régulièrement, saler après ébullition.
  • Ajouter carottes, navets, oignons, clous de girofle et gousses d’ail. Laisser cuire à ébullition lente.
  • Mettre le céleri et les poireaux après une heure d’ébullition.
  • Préparer le chou farci : pour chaque convive, 4 feuilles de chou et une ½ poignée de farce.
  • Dès que la poule est cuite, la sortir et la garder au chaud dans une cocotte.
  • Préparer une sauce tomate et oignons blondis au beurre et à l’ail. Assaisonner.
  • Le riz est parfait en accompagnement de ce plat que vous devez servir très chaud.

Histoire et géographie

La poule au pot du bon roi Henri IV

L’histoire de la poule au pot tiendrait en quelques mots, qui furent la conclusion d’une conversation entre le bon roi Henri IV et le duc de Savoie, qui désirait connaître ce que la France rapportait comme revenu au roi. Celui-ci aurait répondu : « Elle me vaut ce que je veux ». Le duc ne comprenant pas cette réponse demanda des éclaircissements. Henri IV aurait répondu ceci : « Oui, ce que je veux, parce qu’ayant le cœur de mon peuple j’en aurai ce que je voudrai, et si Dieu me donne encore de la vie je ferai qu’il n’y aura point de laboureur en mon Royaume qui n’ait moyen d’avoir une poule dans son pot. » La France, à ce moment-là, sortait tout juste d’une quarantaine d’années de guerres de religion et le roi entendait bien restaurer la richesse des campagnes ruinées par l’effort de guerre.

On doit au duc de Sully cette phrase célèbre qui représente bien la pensée d’Henri IV et l’importance de l’agriculture à ses yeux : Labourages et pâturages sont les deux mamelles de la France.

Activité : Débat historique

Objectif : S’exercer à l’art oratoire, argumenter, convaincre

Matériel : Papier et crayon

Durée : 30 minutes de préparation, 15 minutes de débat, 15 minutes d’échange

Nombre : groupe de 4

Démarche : 

  1. À votre avis, la poule au pot était-elle vraiment un plat que toutes les familles de France pouvaient accommoder à l’époque? Compiler vos raisons sous forme de notes sur une feuille de papier. Préparer des arguments pour et des arguments contre.
  2. Organiser le débat dans chaque groupe :


    2 élèves argumentent que oui

    2 élèves argumentent que non
  3. Échanger avec le reste de la classe.

    On peut alors reprendre le débat en divisant la classe en 2 équipes défendant respectivement chacune des positions.

Nations autochtones

À venir...