SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 19

Les Confessions de Champlain

Biographie

Denis Sauvé

Natif d’Hawkesbury, en Ontario, Denis Sauvé étudie l’histoire et le français à l’Université d’Ottawa, puis obtient un baccalauréat en éducation. Au terme de sa carrière, il a été récipiendaire du Prix du premier ministre de l’Ontario pour l’excellence en enseignement (carrière exceptionnelle). Depuis 2010, il coécrit des romans historiques avec Jean-Claude Larocque. Leur passion commune pour les mots et l’histoire les a amenés à écrire une trilogie sur Étienne Brûlé en 2010-2011. En 2014, ils ont publié John et le Règlement 17, qui fait revivre un épisode déterminant dans l’histoire récente des Franco-Ontariens. En 2013, les auteurs ont reçu le Prix Huguette-Parent en reconnaissance de leur contribution remarquable à la mise en valeur du patrimoine de l’Ontario français.

Résumé du chapitre

À l’automne 1615, une grande bataille contre les Iroquois a lieu. Tout a été préparé : les arquebuses, les arcs et les flèches, la stratégie militaire. Des hommes venant de partout se retrouvent pour affronter l’ennemi.

Rien ne va comme prévu. C’est la défaite, la débandade, l’humiliation suprême. Champlain reçoit deux flèches dans la jambe, l’une à la cuisse et l’autre dans le genou. Il est vaincu. L’heure de la retraite a sonné, et c’est dans un panier porté par un Huron de grande taille qu’il retourne au camp. Incapable de partir pour Québec, il doit passer l’hiver en Huronie pour se remettre de ses blessures. Champlain se morfond, meurtri et dépité. La honte le submerge et le rend amer. Le froid le transperce autant que son sentiment d’échec; ce n’est pas seulement son corps qui est blessé. Il repense à tous ses rêves brisés, ces rêves de grandeur tombés dans des batailles auxquelles il n’a jamais cru. Il a tenu ses promesses envers le roi, oui, mais à quel prix? Il fait le point sur lui-même, ses victoires, ses erreurs, ses errances, ses échecs. Il commence à envisager un avenir différent de ce qu’il était venu chercher. Sans la Chine peut-être, sans la gloire. Renoncement ou lucidité, dans quelles dispositions Samuel de Champlain sortira-t-il de cette épreuve douloureuse?

Donner sa langue au chat

Attention : dans cette activité, plusieurs réponses peuvent être valides…

1. Fourbir se dit d’un objet qu’on…

  • Peaufine
  • Frotte
  • Brique
  • Nettoie
  • Astique

2. De quoi tire-t-on l’étoupe?

  • Du lin
  • Du chanvre
  • De filasse
  • De poil d’ours

3. L’adjectif « tellurique » vient du mot…

  • Terre
  • Séisme
  • Mer
  • Ciel

4. Qu’est-ce qu’un malandrin?

  • Un voleur de grand chemin
  • Un pirate
  • Un coupe-jarret
  • Un crocheteur

5. « Talle » vient du latin thallus qui veut dire « jeune pousse avec des racines au pied d’un arbre ». Parmi les mots suivants, lequel n’appartient pas à la famille de « talle »?

  • Thalle
  • Détaler
  • Taller
  • Tallage

6. Qu’est-ce que le Chaousarou?

  • Un monstre
  • Un poisson
  • Un gougou
  • Un piège

7. Le mot « thomisme » qualifie la doctrine philosophique et théologique développée par…

  • Thomas Edison
  • Thomas Browne
  • Thomas Hardy
  • Thomas D’Aquin
  • Thomas Jefferson

8. « Amphigourique » est un adjectif s’appliquant à un discours qui est :

  • Fumeux
  • Limpide
  • Nébuleux
  • Flou
  • Clair

9. Dans ce chapitre, le mot « chimère » fait référence à un :

  • Monstre fabuleux de la mythologie grecque
  • Assemblage monstrueux
  • Projet illusoire ou irréalisable
  • Poisson à grosse tête qui vit au fond des mers
  • Organisme portant des caractères génétiques issus de deux génotypes différents

10. Que veut dire l’adjectif « lancéolé »?

  • Qui a la forme d’une pointe de lance
  • Caractérisé par une lancette
  • Dont la forme extérieure est plus ou moins sphérique

11. « Ziggourat » est un mot akkadien, langue afro-asiatique du groupe sémitique (comme le babylonien), et qui veut dire :

  • Sanctuaire mésopotamien
  • Temple formé d’étages en retrait l’un sur l’autre et surmonté d’un sanctuaire
  • Ville de Mésopotamie
  • Un édifice babylonien

Réponse :

1. Peaufine; Frotte; Brique; Nettoie; Astique 2. Du lin; Du chanvre; 3. Terre 4. Un voleur de grand chemin; Un pirate; Un coupe-jarret; Un crocheteur; 5. Détaler 6. Un monstre; Un poisson 7. Thomas D’Aquin 8. Fumeux; Nébuleux; Flou 9. Projet illusoire ou irréalisable 10. Qui a la forme d’une pointe de lance 11. Temple formé d’étages en retrait l’un sur l’autre et surmonté d’un sanctuaire

Jongler avec les mots

Activité : Double gazouillis

Objectif : Écrire un message en 280 caractères

Mise en contexte : Champlain veut faire envoyer un message aux gens de l’Habitation à Québec, car il sent bien qu’il ne pourra pas rentrer pour y passer l’hiver. En utilisant son pigeon voyageur préféré, celui qui l’accompagne en tout temps, il les met au courant de ce qui se passe.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 20 minutes d’écriture, plus 15 minutes de lecture à haute voix

Nombre : individuel

Démarche : Rédiger un message de la part de Champlain ne dépassant pas 280 caractères et expliquant ce qui l’empêche de rentrer à l’Habitation.

Activité : La contrainte du prisonnier

Objectif : Économiser le papier

Mise en contexte : Pour économiser le papier, qui est rare, Samuel de Champlain, du haut de son panier, veut serrer les lignes au maximum. À cette fin, pour rédiger ses correspondances il utilise seulement les lettres qui ne dépassent pas la ligne en haut et en bas. Il ne lui reste donc que la moitié de l’alphabet pour envoyer un message à ses amis.

Matériel : Papier, crayon et dictionnaire, glossaire, ou tout autre outil qui comprend beaucoup de mots

Durée : 15 minutes de préparation, 30 minutes d’écriture, plus lecture à haute voix


Nombre :
 individuel pour les plus téméraires, groupe de 2 pour les moins courageux


Démarche :

  1. Commencer par écrire une liste de mots qui ne contiennent que les lettres autorisées, soit a, c, e, m, n, o, r, s, u, v, w, x, z.
  2. Mettre les trouvailles en commun, en les écrivant au tableau.
  3. Écrire un message de plus de 7 lignes en utilisant des mots qui respectent la consigne. Note : Pour composer le message, on peut mettre des mots qui ne sont pas permis, et ensuite leur trouver des synonymes autorisés.

Activité : Logorallye dans un panier

Objectif : Se dégourdir les champs lexicaux

Mise en contexte : Accroupi dans son petit panier de transport, le grand Samuel de Champlain essaye de tromper son attente et d’oublier son humiliation. En occupant son esprit, il espère faire diminuer la douleur. Il entreprend donc de construire dans sa tête des listes de mots n’ayant pas vraiment de rapport les uns avec les autres… autrement cela n’aurait pas d’intérêt.

Une fois ses listes bien en tête, il se dit que cela pourrait être amusant de créer un texte qui introduirait obligatoirement et dans un ordre déterminé les mots de la liste. Il compose donc une histoire un peu abracadabrante un peu vraisemblable, certes, mais qui reproduit strictement l’ordre des mots de sa liste. C’est sa manière à lui de refaire le monde – et du même coup, il inventait pour notre plus grand plaisir le logorallye.

Vous savez déjà que ce n’est pas tout à fait vrai, car on doit le logorallye à Raymond Queneau.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 40 minutes d’écriture, plus 15 minutes de lecture à haute voix


Nombre :
 individuel

Démarche : Choisir une liste et ensuite écrire un texte intégrant les 10 mots de cette liste en respectant l’ordre dans lequel ils sont donnés… autrement cela n’aurait pas d’intérêt.

  • Liste 1 : sustenter, bruine, vaisseau, cuissot, arbre, chapeau, cruche, éclosion, nuit, réflexe
  • Liste 2 : juteux, cérémonie, ourson, acolyte, divagation, boule, ceinture, lumière, carcasse, poussière
  • Liste 3 : collant, remarque, fuir, main, clairière, crâne, pissenlit, papier, dent, technique
  • Liste 4 : or, tapis, tortue, œil, tonneau, machination, cerise, maisonnée, bouche, quatre
  • Liste 5 : banquet, enceinte, chauve, téméraire, fleuve, gosier, aumône, monstre, tablier, miracle

Jouer avec le texte

À venir...

Cuisine à la page

Soupe aux pois de ma grand-mère

Ingrédients

  • 350 gr de pois secs
  • 200 gr de lard salé
  • 2 oignons hachés
  • 30 g de beurre
  • 2 carottes coupées en dés
  • 2 branches de céleri émincées
  • 1,5 l de bouillon de poule
  • 2 feuilles de laurier
  • 1 petite poignée de sarriette
  • Sel et poivre

Préparation

  • Faire tremper les pois dans un grand volume d’eau toute une nuit.
  • Faire tremper le lard pour le dessaler pendant un bon quart d’heure, puis égoutter.
  • Faire revenir les oignons dans le beurre.
  • Ajouter les carottes et le céleri dans la poêle et laisser cuire 5 à 7 minutes.
  • Dans un grand faitout, mettre les pois, le lard, les légumes, le laurier dans 1,5 l de bouillon.
  • Faire cuire à petit feu pendant environ 2 h 30, jusqu’à ce que les pois soient bien tendres. Retirer le laurier de la casserole et le jeter.
  • Retirer le porc et le dégraisser un peu, ensuite le couper en petits dés, les remettre dans la casserole.
  • Ajouter la sarriette, le poivre, le sel.
  • Vérifier l’assaisonnement et servir.

Activité : Et de quoi rêve Samuel de Champlain dans son panier ?

Objectif : Écrire une brève nouvelle à chute

Mise en contexte : La petite histoire raconte que ce serait Samuel de Champlain et ses compagnons qui auraient inventé la soupe aux pois de ma grand-mère. En effet, pour lutter contre le froid des hivers rigoureux de Québec, il fallait consommer des plats roboratifs, de ceux qui vous remplissent bien l’estomac et pour longtemps. Cette soupe est composée principalement de pois secs et de lard salé, deux ingrédients qui se conservaient bien et dont on ne manquait pas l’hiver. On la retrouve aujourd’hui dans les menus des cabanes à sucre et chez ma grand-mère.

Marcel Proust commence son roman À la recherche du temps perdu par l’histoire des madeleines trempées dans du thé que lui servait Mme Swann quand il était enfant. Devenu adulte, l’odeur des madeleines le fait plonger automatiquement dans ses souvenirs d’enfance. On parle de ce mécanisme comme du « phénomène déclencheur d’une impression de réminiscence ». L’expression « la madeleine de Proust » réfère également à cet état où quelque chose déclenche le souvenir.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 45 minutes d’écriture


Nombre :
 individuel

Démarche : Samuel dans son panier rêve d’une bonne soupe aux pois au lard. Le souvenir olfactif de la soupe le plonge dans les dédales de sa mémoire et déclenche toute une série de souvenirs.

Trouver une chute à ce récit, comme pour une nouvelle.

Histoire et géographie

Titre : Croquis de Champlain de son attaque en 1615 sur les Iroquois Onontagués, au bord du lac Onondaga
Source : Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:An_Iroquois_Fort.png

La bataille du village des Onondagas

La stratégie de Champlain pour offrir un peu de tranquillité aux Hurons-Wendat est de semer la terreur au sein de la confédération iroquoise. C’est pourquoi il demande aux Andastes de se rallier à la cause. Ces derniers ont accepté la requête des émissaires de Champlain, dont Étienne Brûlé, et décident d’envoyer 500 hommes pour attaquer un village fortifié iroquois qui se trouve près de ce qui est aujourd’hui la ville de Syracuse, dans l’état de New York. Malheureusement, les Iroquois découvrent le pot aux roses trop tôt et lancent l’offensive immédiatement. Ils sont prêts, plus forts, et supérieurs en nombre. Du côté de Champlain, c’est tout le contraire, car les guerriers Andastes arrivent deux jours après la bataille. Champlain est grièvement blessé, la bataille tourne court et c’est la débandade au sein de ses troupes, qui ne s’empareront pas du village des Onondagas. Nous sommes le 10 octobre 1615.

Activité : Un moment dans la grande Histoire

Objectif : Travailler l’anecdote

Mise en contexte : Exercices de style de Raymond Queneau, encore lui, part d’une anecdote très simple, une historiette sans importance, qui est ensuite déclinée de 99 manières différentes.

Matériel : Papier et crayon, et pourquoi pas les Exercices de style de Queneau pour s’inspirer

Durée : 30 minutes d’écriture, plus 20 minutes de partage avec la classe

Nombre : individuel

Démarche : 

  1. Procéder à quelques lectures qui permettront de constater ce qu’est une anecdote.
  2. Imaginer une anecdote qui aurait pu se produire dans le contexte de la situation fort dramatique dans laquelle se sont retrouvés Champlain et les Hurons.
  3. Recycler cette anecdote en la racontant plusieurs fois selon des styles différents, à la manière de Queneau.

Nations autochtones

À venir...