SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 18

Qui sont ces singuliers humains?

Biographie

Hélène Koscielniak

Détentrice d’une maîtrise en administration de l’Université d’Ottawa, Hélène Koscielniak a œuvré dans le domaine de l’éducation. Désireuse de faire connaître son coin de pays, le Grand Nord de l’Ontario, Hélène situe presque toujours l’intrigue de ses romans dans sa région et s’assure d’en refléter le langage, la culture et le mode de vie. Deux fois finaliste au Prix des lecteurs de Radio-Canada et quatre fois lauréate du Prix littérature éclairée du Nord, l’auteure a signé cinq livres à succès, Marraine, Carnet de bord, Contrepoids, Filleul et Frédéric, dont trois ont été portés à l’étude dans plusieurs écoles secondaires, collèges et universités.

Résumé du chapitre

Un explorateur, cinq arquebusiers, un récollet, deux Wendats et Étienne Brûlé voguent sur deux canots qui se balancent mollement au gré du courant. Brûlé croise le regard d’un grand cervidé, un orignal majestueux dont la ramure est aussi impressionnante que le panache du chapeau de Samuel de Champlain. L’animal jubile au cœur de cette forêt où le printemps résonne comme le prélude au bonheur ultime. La saison des amours va bientôt commencer et notre animal en est tout émoustillé. Seulement, ses naseaux ont repéré une senteur qui trouble un tantinet sa liesse débordante. Un troupeau d’animaux à deux pattes envahit son univers olfactif et il trouve que ça sent vraiment mauvais. Son instinct le met en garde. Il les observe du coin de l’œil et les naseaux en alerte. Il se méfie, craint le pire et s’éloigne vivement, on n’est jamais trop prudent. L’amour l’appelle, de toute façon, et son estomac le tiraille. Une fois repu, satisfait, il poursuit sa ronde d’observation, et au lever du soleil un vacarme épouvantable emplit tout l’espace forestier. L’attaque, pour cette fois, n’est pas dirigée contre lui.

Donner sa langue au chat

Jongler avec les mots

Activité : Ils sont fous ces humains!

Objectif : Utiliser le « je » d’un narrateur qui n’a rien de commun avec l’auteur

Mise en contexte : Dans son roman L’oiseau des morts, André-Marcel Adamek a choisi pour narrateur une corneille qui nous raconte sa vie et le monde de son point de vue unique. Hélène Koscielniak fait parler un orignal à la première personne. Imaginons maintenant que cet orignal, qui croise le regard de Champlain dans le chapitre, soit doué de raison et raconte à la première personne sa rencontre avec ce drôle de bonhomme surmonté d’un panache tout à fait ridicule.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 45 minutes d’écriture, plus 20 minutes de lecture à haute voix

Nombre : individuel

Démarche : Entrer dans la peau de l’animal pour raconter ce moment intense où il croise Champlain ; décortiquer avec précision le moindre détail de cette rencontre.

Note : Le « je » doit permettre un accès plus facile aux émotions du narrateur quel qu’il soit.  Si l’orignal ne résonne pas en vous, choisir un autre habitant de la forêt appartenant au règne animal, minéral ou végétal.

Objectif : Raconter une histoire en 140 caractères : l’apprentissage de la concision

Mise en contexte : Champlain est abasourdi, il vient de voir un orignal pour la première fois de sa vie! Il interpelle ses amis sur Twitter pour leur annoncer sa découverte. Parmi ses amis : le bon roi Henri IV, sa jeune femme (voir chapitre 22), le Sieur du Pont, Gaston le domestique (voir chapitre 20), sa maman (voir chapitre 1), l’océan Atlantique (voir chapitre 2), Herménégilde Chiasson (voir chapitre 24), etc.

Matériel : Papier, crayon et outil permettant de comptabiliser les caractères

Durée : 20 minutes d’écriture (ce n’est pas aussi facile qu’il y paraît!)


Nombre :
 individuel


Démarche :
 La règle du gazouillis est simple : 140 caractères pour exprimer ce que vous avez à dire, ici la découverte de Champlain, aux gens que vous connaissez.

  1. Choisir un destinataire parmi ceux énumérés ci-dessus.
  2. Choisir le ton de votre message :
  • humoristique
  • extrêmement étonné
  • dubitatif
  • inquisiteur
  • énigmatique

Tout est permis sauf l’excès de caractère!

Objectif : S’entraîner à l’écriture objective

Mise en contexte : L’homme blanc envahit le paysage des orignaux, qui les observent attentivement pour mieux comprendre de quoi il en retourne.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 45 minutes d’écriture, plus 20 minutes de partage de textes


Nombre :
 individuel


Démarche :
 La règle du gazouillis est simple : 140 caractères pour exprimer ce que vous avez à dire, ici la découverte de Champlain, aux gens que vous connaissez.

  1. S’imaginer dans la peau de l’orignal en train d’observer Champlain et ses compagnons, comme si vous regardiez par la fenêtre de votre maison les voisins qui sont en train de s’installer. Autrement dit, vous êtes derrière la caméra et vous filmez tout ce que vous voyez se dérouler devant vous.

    Pas de sentiments, pas de sons, pas d’odeurs, pas de pensée, pas d’interprétation, seulement une description de ce que vous voyez.

    Champlain s’est-il tordu le pied sur la racine de cet arbre qui faisait une protubérance quasiment invisible? A-t-il grimacé de douleur? Quelle est son expression quand il aperçoit l’ours? Le courant est fort, quels sont les mouvements des hommes qui rament? Que font-ils en accostant sur la rive? etc.

Jouer avec le texte

Activité : Les synonymes

Objectif : Élargir son vocabulaire

Mise en contexte : Un synonyme est un mot ou une expression de sens équivalent à un autre mot ou à une autre expression. L’utilisation de synonymes est un excellent moyen d’enrichir le vocabulaire d’un texte.

Matériel : Dictionnaire

Durée : 20 minutes 

Nombre : Individuel

Démarche : Voici un extrait tiré du livre Sur les traces de Champlain. Directement à l’ordinateur, remplacer les mots dans la boîte par leur synonyme.

Cuisine à la page

Activité : À s’en lécher les pattes

Objectif : Se lancer dans une exploration de l’improbable, déployer son imaginaire au-delà des limites habituelles

Mise en contexte : Si les animaux étaient doués de raison, peut-être auraient-ils envie de déguster des mets fins élaborés à partir des aliments qui composent leur diète.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 60 minutes

Nombre : groupe de 2

Démarche :

  1. En groupe de 2, choisir un animal et effectuer quelques recherches sur les ingrédients à la base de son alimentation.
  2. Imaginer une recette originale, en vous inspirant de toutes celles que vous avez croisées dans les rubriques « Cuisine à la page », qui mettrait l’eau à la bouche de l’animal que vous avez choisi.
  3. Faire une liste de toutes les étapes qui vont de l’idée à la dégustation, de la chasse aux ingrédients à la dégustation du plat.
  4. Toujours en équipe, produire un récit racontant chacune de ces étapes, incluant la réalisation de la recette.

    Attention : il ne s’agit pas de simplement reproduire une recette, il y aura un prix d’originalité pour la recette la plus étonnante.

Histoire et géographie

Titre : Orignal mâle (2005)
Source : Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bigbullmoose.jpg

L’orignal

L’orignal est un animal particulièrement imposant quand il est doté de son panache complet. On le trouve à peu près partout dans la forêt boréale du Canada, de Terre-Neuve jusqu’à la Colombie-Britannique. Il fait partie de la famille des cervidés dont il est le membre le plus grand, le mâle pouvant peser jusqu’à 600 kg et la femelle 350 kg. Parmi ses cousins, on retrouve le wapiti, le cerf de Virginie, le caribou, et quelques autres. Il a de longues pattes toutes fines, et, avec ses épaules un peu voûtées, on dirait qu’il est bossu, mais c’est seulement une impression causée par sa musculature massive. Ses flancs sont tout plat et sa croupe assez basse et mince; il a également une queue courte mais très touffue. Sa tête est énorme, coiffée de grandes oreilles; son museau est long, terminé par une lèvre supérieure saillante qui lui donne l’air un peu triste. Son panache peut avoir à la fin de l’été une envergure atteignant 1,5 voire 1,8 m. Quand l’orignal est très jeune, le panache est recouvert d’une peau veloutée toute douce. Par la suite, il devient dur. Les nouveaux bois qui poussent en été tombent à l’automne.

L’orignal, friand d’algues et de nénuphars, aime bien vivre à proximité des lacs. Il supporte bien le froid et beaucoup moins la chaleur, c’est pourquoi il apprécie la forêt boréale. L’orignal est un excellent nageur et peut rester à l’eau longtemps. Il a également du plaisir à plonger pour aller chercher les herbacées qui poussent au fond de l’eau. S’il a une vue plutôt faible, l’orignal a un excellent odorat, et une ouïe qui fonctionne aussi très bien. Malgré sa taille imposante, il est presque aussi souple qu’un chat, se déplace aisément et sans faire de bruit.

Activité : Je t’aime, moi non plus

Objectif : Concevoir une scène de théâtre, une scène de ménage

Mise en contexte : Il est de notoriété publique que les orignaux sont un peu volages. Ils passent sans hésiter de femelle en femelle, il suffit qu’on les appelle ou presque. Du coup, les femelles ont le cœur brisé neuf fois sur dix. Cela ne vous rappelle rien?

Matériel : Papier et crayon

Durée : 45 minutes d’écriture

Nombre : groupe de deux ou trois, individuel pour ceux qui préfèrent

Démarche : Si vous écrivez seul, écrire un monologue et passer directement à l’étape 5. Si vous êtes en groupe, écrire une pièce comportant autant de personnages que le groupe compte de membres en suivant toutes les instructions ci-dessous.

  1. Choisir si vous êtes un personnage mâle ou femelle – on parle d’animaux, ici.
  2. Écrire chacun de son côté un morceau de dialogue en tenant compte du thème, et du sexe de l’animal.
  3. Commencer par mélanger les textes des personnages au hasard : si c’est absurde c’est encore mieux.
  4. Comme avec le sonnet de Raymond Queneau dans Cent mille milliards de poèmes, essayer de faire le plus de combinaisons possible en insérant les dialogues d’un autre groupe.
  5. Lire cette mini-pièce de théâtre à haute voix.

Nations autochtones

À venir...