SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 16

Le cri de Tessouat

Biographie

Jean-Claude Larocque

Natif d’Alexandria en Ontario, Jean-Claude Larocque montre dès l’adolescence de l’intérêt pour l’écriture par le biais de la poésie et des arts de la scène. Après des études en théâtre et en histoire à l’Université d’Ottawa, il poursuit des études en pédagogie. Brevet en poche, il entreprend une carrière dans l’enseignement, d’abord à l’École secondaire de Smooth Rock Falls dans le nord de l’Ontario, puis à Alexandria, la bourgade dont il est originaire, à l’École secondaire catholique le Relais, où il travaille pendant plus de vingt-cinq ans avant de prendre sa retraite en juin 2009.

Depuis 2010, il publie des romans historiques avec Denis Sauvé. Quatre œuvres ont vu le jour depuis, dont une trilogie sur Étienne Brûlé et un roman intitulé John et le Règlement 17. Ensemble, ils ont animé des centaines d’ateliers de lecture et d’écriture pour les adolescents. Leur participation à de nombreux projets d’écriture stimule son imaginaire, fouette sa curiosité et enflamme sa créativité.

Résumé du chapitre

Mai 1613. Champlain n’en démord pas, il lui faut trouver le passage vers la Chine. Un truchement du nom de Nicolas Vigau lui a assuré pouvoir rejoindre la mer du Nord depuis Québec en 17 jours seulement. Champlain décide de partir avec lui car il pense pouvoir profiter de cette expédition pour conclure de nouvelles alliances et développer le commerce des fourrures. Son fidèle compagnon, le coureur des bois Thomas Gaudefroy, n’est pas dupe des affirmations de Vigau et met l’explorateur en garde contre l’impossibilité d’accomplir un tel voyage en si peu de temps. Seulement Champlain est têtu et il est décidé à partir coûte que coûte. Il fait fi des conseils de prudence. Il ne réalise pas les dangers de cette expédition : les rapides, les saults et les portages fatigants dans une nature hostile, sans compter les nombreux Iroquois dans la région qu’ils devront traverser. Thomas est inquiet, il n’arrive pas à raisonner le maître. Les Algonquins s’opposent au voyage, mais Champlain s’entête, il est littéralement obsédé par sa quête. Il ne renoncera pas, il ne peut pas renoncer. Pendant le périple, il jouit d’une chance incroyable, et de nombreux accidents sont évités de justesse, comme par miracle. Cependant, quand il arrive chez son ami Tessouat, une surprise de taille l’attend. Va-t-il trouver la mer du Nord, et cette fameuse route vers la Chine?

Donner sa langue au chat

Attention : dans cette activité, plusieurs réponses peuvent être valides…

1. À la première page de son chapitre, Jean-Claude Larocque parle des effets essentiels à la vie en forêt. Dans la liste suivante, sélectionnez tous les effets qui, en effet, auraient pu se trouver dans l’essentiel de ce que transportait un coureur des bois.

  • Miroir
  • Pois séchés
  • Pemmican
  • Chaudron
  • Pipe
  • Hachette
  • Tabac
  • Briquet
  • Viande séchée
  • Ceinture
  • Tissus
  • Chandelles
  • Pierre
  • Toboggan
  • Aiguilles
  • Vêtements
  • Raquettes
  • Couvertures chaudes
  • Canot
  • Couteaux
  • Carabines
  • Maïs
  • Pagaie

2. Parmi tous ces objets, quels sont ceux qui servaient au troc avec les Premières Nations?

3. Parmi ces objets, quels sont ceux qui servaient au transport?

4. Parmi ces objets, quels sont ceux qui sont une composante du sac à feu?

5. À quoi servait le toboggan?

  • Se détendre après une dure journée de travail
  • Transporter les coureurs des bois accidentés ou malades
  • Transporter la nourriture
  • Transporter tout le matériel

6. Combien d’heures par jour en moyenne un coureur des bois travaillait-il?

  • 8
  • 12
  • 15
  • 18

7. Quel était le poids de sa charge, en moyenne?

  • 40 kg
  • 60 kg
  • 70 kg
  • 90 kg

8. Les couvertures chaudes qui venaient de France étaient très appréciées par les autochtones et sont rapidement devenues une monnaie courante d’échange avec les coureurs des bois parce qu’elles :

  • Avaient des couleurs chatoyantes
  • Étaient solides
  • Séchaient plus rapidement que les peaux
  • Se pliaient facilement

9. Qu’est-ce qu’un truchement?

  • Un intermédiaire
  • Un coureur des bois
  • Un interprète
  • Un négociateur

Réponses :

1. TOUS auraient pu se trouver dans les effets essentiels de notre coureur des bois 2. Miroir; couteaux; chaudron; carabines; hachette; couvertures chaudes; aiguilles; vêtements; tissus; chandelles 3. Canot; toboggan; raquettes; pagaie 4. Pipe; tabac; pierre; briquet 5. Transporter tout le matériel 6. 15 heures 7. 90 kg 8. Séchaient plus rapidement que les peaux 9. Un interprète

Jongler avec les mots

Titre : Reconstitution d'un canot des coureurs des bois au fort Témiscamingue au Québec, © Zorion (2014)
Source : Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Canot_coureur_des_bois.jpg

Activité : Le canot de Dédé ne prenait pas l’eau

Objectif : Rédiger un mode d’emploi pour quelqu’un qui ne connaît pas l’objet à construire

Mise en contexte : Vous venez d’acheter un canot en écorce de bouleau chez IKEA. Il est vendu en pièces détachées, mais en rentrant chez vous, vous vous apercevez que les consignes de montage sont absentes du paquet.

Matériel : Papier et crayon, plus un brin de logique

Durée : 25 minutes d’écriture, plus 20 minutes d’échange et de vérification de la ligne de flottaison

Nombre : groupe de 2

Démarche : 

  1. Décrire les principales opérations qui permettent de réaliser le montage d’un canot qui ne prend pas l’eau.
  2. Vérifier, en comparant votre mode d’emploi avec ceux du reste de la classe et avec une vraie méthode pour assembler un canot, si on aurait pu obtenir un objet flottant identifiable et en ordre de fonctionnement avec le mode d’emploi imaginé.

Jouer avec le texte

À venir...

Cuisine à la page

Soupe à la perdrix de l’Isle aux Allumettes

Ingrédients

  • 1 perdrix entière bouillie
  • 2 t. de bouillon de cuisson de la perdrix, filtré
  • 1 oignon émincé
  • 2 t. d’eau
  • 1 carotte émincée
  • 1 gousse d’ail émincée
  • 250 ml de bouillon de poulet
  • 1 branche de céleri émincée
  • Sel et poivre

Préparation

  • Défaire en morceaux la perdrix bouillie.
  • Faire revenir les légumes dans un peu d’huile.
  • Ajouter l’eau et le bouillon de perdrix.
  • Ajouter le bouillon de poulet ainsi que le sel et le poivre.
  • Laisser mijoter environ 45 minutes.

Activité : Partie de chasse sur l’Isle aux Allumettes

Objectif : Jouer à cache-cache avec les Algonquins

Mise en contexte : Pour réaliser la recette ci-haut, il faut d’abord aller chasser la perdrix. Notre coureur des bois ou un autre personnage de ce roman décide d’aller chasser sur l’Isle aux Allumettes, ce qui aurait pu causer un grave incident diplomatique.

En effet, Tessouat, qui était un chef algonquin avisé et ambitieux, et sa tribu jouissaient d’un pouvoir important par rapport à leur tout petit nombre. Occupant une place on ne peut plus stratégique sur la rivière des Outaouais, route qu’empruntaient ceux qui faisaient la traite des fourrures, Tessouat et ses congénères réglementaient le trafic fluvial comme ils l’entendaient. Ils y avaient d’ailleurs institué un système de péage. Les Français comprirent très vite qu’il valait mieux avoir de bonnes relations avec cette tribu.

Anecdote : La légende veut qu’un explorateur ait perdu sa boîte d’allumettes en passant les rapides situés au sud-est de l’île (légende ou fait réel? mystère), ce qui lui aurait valu ce toponyme peu commun.

Matériel : Papier et crayon, pas d’arc ni de flèches

Durée : 45 minutes d’écriture, puis 30 minutes ou plus pour l’articulation des textes


Nombre :
 individuel, puis toute la classe


Démarche :
 

  1. En utilisant la forme d’un journal d’un des personnages qui raconte ce qui s’est passé, construire une histoire en utilisant les éléments suivants :


    Lieu : l’Isle aux Allumettes

    Personnages : 2 personnages du texte de Jean-Claude Larocque

    Situation : la chasse, le jeu de cache-cache pour ne pas se faire prendre ; la réalisation de la soupe ; toute autre situation de votre choix

    4 objets parmi les suivants : pemmican, pipe, tabac, briquet, viande séchée, ceinture, couteaux, chaudron, carabine, hachette, couvertures chaudes, aiguilles, vêtements, tissus, chandelles, pierre, toboggan, raquettes, canot, maïs, pagaie, miroir, pois séchés
  2. Rassembler toutes les histoires, et les mettre dans un ordre qui permet d’en faire un ensemble de variations sur le même thème, qui montrera à quel point avec la même proposition d’écriture on peut explorer de multiples contrées – au sens figuré, bien entendu.

Activité : Quel scandale!

Objectif : Faire la une d’un journal

Mise en contexte : La partie de chasse a bel et bien créé un incident diplomatique et les médias s’en emparent. Un bras de fer a commencé en même temps que les négociations pour délivrer les prisonniers de Tessouat.

Matériel : Papier et crayon, éléments visuels pour une belle mise en page

Durée : 60 minutes d’écriture


Nombre :
 individuel


Démarche :
 Se mettre dans la peau d’un journaliste qui doit écrire un article pour l’un des organes de presse qui suit, sachant que chacun d’entre eux suit des codes particuliers d’écriture :

  1. Un tabloïd.
  2. Un quotidien anglais.
  3. Un journal sérieux.
  4. Un magazine d’actualité.
  5. Une revue scientifique.
  6. Un magazine à potins.

Au besoin, réaliser des recherches en ligne afin de relever quelques caractéristiques de chacun de ces médias (utilisation de photos, recours à des phrases-chocs, encadrés de vulgarisation, emploi de citations, inclusion d’un contexte historique, emploi de notes en bas de page, etc.). Rédiger un court article sur la situation engendrée par la partie de chasse en reproduisant le style du média choisi. La mise en page peut aussi contribuer à l’effet!

Histoire et géographie

Titre : Coureurs des bois (1882)
Source : Estampe publiée dans G. M. Grant, Picturesque Canada, vol. 1, Toronto, 1882, p.306. Bibliothèque et archives Canada, C-082972.

Le coureur des bois

Le coureur des bois était un personnage clé dans la vie en Nouvelle-France au 17e siècle, tout simplement car la fourrure était devenue un attribut très prisé de la mode vestimentaire européenne à l’époque. Que ce soit le vison, le lynx, la loutre ou la martre, étoles, manchons et autres capes ne pouvaient plus s’en passer. L’hermine et sa blancheur contrastée d’une petite touche de fourrure noire donnait aux rois une majesté incontestée, à leurs manteaux tout au moins. Le feutre de castor, quant à lui, devait sa popularité à son imperméabilité exceptionnelle et bien pratique pour les chapeaux à larges bords.

Cette chasse au trésor que représentaient la capture du castor et autres bêtes à poils fut sans conteste la raison qui poussa tant d’aventuriers de la première heure à se lancer. Des milliers d’hommes partirent braver les forêts outre-Atlantique en quête des peaux si précieuses. Leur vie au fond des bois ne ressemblait peut-être en rien à ce qu’ils avaient imaginé de loin, mais ils jouissaient d’une liberté totale, ce qui était particulièrement grisant pour eux.

Leur but premier était de faire du commerce de peau et de devenir riche ce faisant. Cependant, alors qu’au début les coureurs des bois étaient des commerçants de fourrures itinérants et autonomes, vers 1650 la situation changea drastiquement et leur commerce devint tout à coup assujetti à une réglementation stricte. La royauté française avait décidé d’octroyer des permis pour contrôler cette manne venant des colonies et de ne rien en perdre, et les coureurs des bois se retrouvèrent dans l’illégalité car ils entendaient bien continuer à chasser et à vendre comme ils l’avaient fait sans entraves jusque-là.

Ces coureurs des bois eurent sans conteste un impact important sur la découverte de nouvelles terres, mais aussi sur la mise en place des relations avec les autochtones. Ils vivaient plus ou moins comme eux, et n’hésitaient pas à fonder des familles métissées. Ils se déplaçaient le plus souvent en canot, contournant chutes et rapides comme on l’a vu dans le chapitre précédent, mais ils devaient en plus parfois transporter toute leur marchandise sur leur dos, ce qui n’était pas une mince affaire. On peut dire qu’il s’agissait d’hommes courageux qui travaillaient dur, très dur.

Activité : Coureur des bois

Objectif : Approfondir sa compréhension de ces personnages clés de la Nouvelle-France

Matériel : Papier et crayon

Durée : 40 minutes, plus 20 minutes de lecture à haute voix

Nombre : individuel

Démarche : En utilisant les mots suivants, écrire un texte retraçant un moment de la vie d’un ou plusieurs coureur(s) des bois :

Miroir, pois séchés, pemmican, tabac, viande séchée, couteaux, carabine, couvertures, toboggan, raquettes, canot, maïs.

Attention : utiliser ces mots dans l’ordre dans lequel ils sont présentés. Le texte final devrait être original et amusant.

Trouver des anecdotes qui ne se sont pas forcément produites : il s’agit de faire preuve d’imagination. Il sera pertinent de s’inspirer d’éléments découverts dans les autres chapitres, particulièrement en ce qui concerne les Premières Nations.

Nations autochtones

À venir...