SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 15

Une simple chute

Biographie

Hervé Le Tellier

Hervé Le Tellier est né en 1957 et a été coopté à l’Oulipo en 1992. Formé en mathématiques et en journalisme, il a d’abord été journaliste scientifique, avant de publier ses deux premiers livres, Sonates de Bar et Le voleur de nostalgie (Seghers), tous deux dirigés par Paul Fournel. Il publie le billet « Papier de verre » dans Le Monde et collabore à l’émission de France-Culture « Les Papous dans la tête ». La plupart de ses travaux oulipiens et de ses publications se situent dans le registre du texte court, voire très court. Il a soutenu une thèse remarquable sur l’Oulipo en 2002.

Résumé du chapitre

Steve Grunberg tourne un film sur Champlain et alors que son producteur Harry Morgan vient le voir sur les lieux du tournage, il essaie de mettre toute l’équipe dans l’ambiance de l’année 1613. La scène se déroule dans les rapides de Lachine. Au lieu du soleil prévu dans le scénario, une pluie torrentielle produit une vision d’apocalypse et rend le tournage de la scène des plus dangereux. L’équipe, les acteurs, les cascadeurs, tout le monde est gelé sur place, mais qu’à cela ne tienne, on modifie le scénario. La pluie diluvienne trouve sa raison d’être, l’effet dramatique sera d’autant plus fort. Il s’agit d’une scène de noyade de toute façon, alors un orage est sans aucun doute plus convaincant qu’un ciel bleu sans nuages.

Louis et son compagnon Outetoucos se lancent à l’assaut de la rivière en furie pour aller chasser le héron sur une île à proximité. Le jeune acteur qui incarne Louis n’a pas voulu se faire doubler par un cascadeur. Après un incident qui lui a fait passer un mauvais moment dans une eau à 3°C, il grelotte de fièvre, mais continue à refuser qu’on le remplace pour la scène. Il s’est préparé, il ira jusqu’au bout. Il affirme avec toute la fougue dont il est encore capable avoir soigneusement répété la scène finale, celle avec l’orignal, ce qui serait sans doute une bonne chose… si cette scène existait dans le scénario. Mais voilà, elle n’existe pas!

Donner sa langue au chat

Attention : dans cette activité, plusieurs réponses peuvent être valides…

1. Fourbir se dit d’un objet qu’on…

  • Peaufine
  • Frotte
  • Brique
  • Nettoie
  • Astique

2. De quoi tire-t-on l’étoupe?

  • Du lin
  • Du chanvre
  • De filasse
  • De poil d’ours

3. L’adjectif « tellurique » vient du mot…

  • Terre
  • Séisme
  • Mer
  • Ciel

4. Qu’est-ce qu’un malandrin?

  • Un voleur de grand chemin
  • Un pirate
  • Un coupe-jarret
  • Un crocheteur

5. « Talle » vient du latin thallus qui veut dire « jeune pousse avec des racines au pied d’un arbre ». Parmi les mots suivants, lequel n’appartient pas à la famille de « talle »?

  • Thalle
  • Détaler
  • Taller
  • Tallage

6. Qu’est-ce que le Chaousarou?

  • Un monstre
  • Un poisson
  • Un gougou
  • Un piège

7. Le mot « thomisme » qualifie la doctrine philosophique et théologique développée par…

  • Thomas Edison
  • Thomas Browne
  • Thomas Hardy
  • Thomas D’Aquin
  • Thomas Jefferson

8. « Amphigourique » est un adjectif s’appliquant à un discours qui est :

  • Fumeux
  • Limpide
  • Nébuleux
  • Flou
  • Clair

9. Dans ce chapitre, le mot « chimère » fait référence à un :

  • Monstre fabuleux de la mythologie grecque
  • Assemblage monstrueux
  • Projet illusoire ou irréalisable
  • Poisson à grosse tête qui vit au fond des mers
  • Organisme portant des caractères génétiques issus de deux génotypes différents

10. Que veut dire l’adjectif « lancéolé »?

  • Qui a la forme d’une pointe de lance
  • Caractérisé par une lancette
  • Dont la forme extérieure est plus ou moins sphérique

11. « Ziggourat » est un mot akkadien, langue afro-asiatique du groupe sémitique (comme le babylonien), et qui veut dire :

  • Sanctuaire mésopotamien
  • Temple formé d’étages en retrait l’un sur l’autre et surmonté d’un sanctuaire
  • Ville de Mésopotamie
  • Un édifice babylonien

Réponse :

1. Peaufine; Frotte; Brique; Nettoie; Astique 2. Du lin; Du chanvre; 3. Terre 4. Un voleur de grand chemin; Un pirate; Un coupe-jarret; Un crocheteur; 5. Détaler 6. Un monstre; Un poisson 7. Thomas D’Aquin 8. Fumeux; Nébuleux; Flou 9. Projet illusoire ou irréalisable 10. Qui a la forme d’une pointe de lance 11. Temple formé d’étages en retrait l’un sur l’autre et surmonté d’un sanctuaire

Jongler avec les mots

Activité : Ian tombe à l’eau

Objectif : Découvrir différents genres littéraires

Mise en contexte : Ian Persley, l’acteur jouant le personnage de Louis, a un petit accident de tournage, mais Hervé Le Tellier ne le décrit qu’en très peu de mots à la page 176 : « Ian, tu t’es un tout petit peu penché pendant le passage dangereux des rapides et ta tête a cogné un rocher. Pas de traumatisme, selon le médecin. Mais après le choc, tu t’es évanoui, tu es tombé à la baille et avant qu’on puisse te repêcher, tu es resté pendant cinq minutes dans une eau à trois degrés, ce qui est long. Tu comprends? »

Matériel : Papier et crayon

Durée : 50 minutes d’écriture

Nombre : individuel et en groupe

Démarche : Écrire la scène manquante en détail, c’est-à-dire une scène qui retrace la chute de Ian dans l’eau, dans un genre narratif différent de celui du chapitre :

Policier : quelqu’un aurait poussé Ian, mais pourquoi et comment?

Fantastique : écrit à la première personne, avec l’intervention de forces surnaturelles.

Épistolaire : Ian raconte son aventure dans une lettre écrite à l’intention de :

- sa mère, qu’il ne veut pas l’inquiéter;
- son meilleur ami, à qui il veut démontrer le côté « aventure » de l’histoire;
- son médecin, pour demander conseil;
- son frère aîné, qui fait toujours tout mieux que lui;
- son agent, pour minimiser la commotion cérébrale de manière à pouvoir continuer le tournage.

Nouvelle : texte complet avec une chute à la fin.

Bande dessinée (extrait) : récit illustré et humoristique sur cette scène de chute.

  • Policier: quelqu’un aurait poussé Ian, mais pourquoi et comment?
  • Fantastique: écrit à la première personne, avec l’intervention de forces surnaturelles.
  • Épistolaire: Ian raconte son aventure dans une lettre écrite à l’intention de :

    -  sa mère, qu’il ne veut pas l’inquiéter;
    -  son meilleur ami, à qui il veut démontrer le côté «aventure» de l’histoire;
    -  son médecin, pour demander conseil;
    -  son frère aîné, qui fait toujours tout mieux que lui;
    -  son agent, pour minimiser la commotion cérébrale de manière à pouvoir continuer le tournage.
  • Nouvelle : texte complet avec une chute à la fin.
  • Bande dessinée (extrait) : récit illustré et humoristique sur cette scène de chute.

Activité : Le français n’est plus ce qu’il était

Objectif : Travailler la langue

Mise en contexte : Samuel de Champlain écrivit dans son journal : « Passant le sault ils virent une île où il y avait si grande quantité de hérons, que l’air en estoit tout couvert. Il y eust un jeune homme qui estoit au sieur de Mons appelé Louys, qui estoit fort amateur de la chasse, lequel entendant cela, voulut y aller contenter sa curiosité, et pria fort instamment nostredit sauvage de l’y mener : ce que le sauvage luy accorda avec un Capitaine Montagnais fort gentil personnage appelé Outetoucos. Dés le matin ledict Louys fit appeler les deux sauvages pour s’en aller à ladite isle des hérons. Ils s’embarquèrent sur un canot et y furent. »

Matériel : Papier, crayon et dictionnaire

Durée : 25 minutes, plus partage d’impressions


Nombre :
 individuel


Démarche :
 Remettre en français d’aujourd’hui ces quelques lignes écrites par Champlain. Noter vos impressions, votre étonnement, votre amusement, et essayer de comprendre pourquoi vous avez ces réactions.

Partager avec le reste de la classe pour savoir si tout le monde ressent les choses de la même façon.

Jouer avec le texte

Activité : Le texte mangé par les rats

Activité : Le texte mangé par les rats

Objectif : Affiner ses habiletés en lecture

Mise en contexte : Imaginons un livre mangé par les rats… Il manque des morceaux de texte, des morceaux de mots, de la ponctuation. Le lecteur de ces pages aurait immédiatement le désir de combler les trous, de remplacer ce qui est absent, car l’esprit humain ne supporte pas le manque. 

Matériel : Dictionnaire

Durée : 10 à 15 minutes 

Nombre : Individuel

Démarche : Directement à l’ordinateur, recomposer le passage tiré du livre Sur les traces de Champlain en comblant les espaces vides avec les lettres appropriées.

Cuisine à la page

Le pemmican est une recette que les femmes préparaient avec de la venaison ou de la viande séchée amalgamée avec de la graisse animale et agrémentée de petites baies amères. Il avait l’avantage de se conserver très longtemps, plusieurs années, et était facile à transporter et à consommer n’importe où sans préparation supplémentaire. De plus, c’était un aliment extrêmement nutritif et qui prenait peu de place. On le consomme encore aujourd’hui et les recettes sont aussi variées que le nombre de familles dans une communauté. Un trésor de plus qui nous vient directement des Premières Nations.

Pemmican

Ingrédients

  • 300 g de viande séchée
  • 150 g de baies séchées
  • 300 g de graisse fondue
  • 2 c. de vinaigre d’alcool (optionnel)

Préparation

  • Réduire la viande à l’état de miettes.
  • Faire fondre la graisse et la garder tiède : elle ne doit pas cuire la viande.
  • Hacher les baies séchées.
  • Dans un récipient, mélanger viande, baies, vinaigre.
  • Ajouter la graisse fondue tiède et travailler la pâte.
  • Quand le mélange est homogène, étaler dans le sens de la largeur sur le plan de travail une pellicule plastique. Déposer de la pâte dessus, rouler en boudin serré, prendre les extrémités de la pellicule, les pincer et faire rouler le boudin sur le plan de travail.
  • Vous pouvez aussi faire des bandes, des boulettes, ou encore ajouter toutes sortes de fruits secs, de noix, noisettes ou pacanes, pour faire varier à l’infini cette recette.

Activité : Points de vue sur le pemmican

Objectif : Une recette, quatre palais

Mise en contexte : Tout le monde a un avis sur le pemmican, parce que chaque famille a sa recette, alors on peut imaginer les rivalités.

Matériel : Papier, crayon et un petit morceau de pemmican

Durée : 50 minutes au total : 5 minutes pour trouver 3 personnages, 15 pour écrire chaque point de vue.


Nombre :
 individuel


Démarche :
 

  1. Choisir 3 personnages qui vont partager leur avis sur le pemmican.
  2. Écrire au « je » une première description du pemmican, tel que perçu par l’un de vos personnages.
  3. Toutes les 15 minutes, au son de la clochette, passer au point de vue suivant.
  4. Mettre en commun les textes de toute la classe.

Histoire et géographie

Titre : Métis faisant du portage
Source : Bibliothèque et archives Canada, nlc-8792

Pendant longtemps il n’y eut pas d’autre solution que le portage pour venir à bout des rapides et des sauts, qui étaient une barrière au trafic fluvial. Les voyageurs devaient les contourner par un portage de plusieurs kilomètres avant que les embarcations puissent être remises à l’eau. Lors d’un portage, les passagers du canot devaient sortir leur embarcation et sa cargaison du cours d’eau, et porter l’ensemble sur leurs épaules jusqu’à atteindre un endroit propice à la remise à l’eau.

Titre : Canot en écorce de bouleau sur les rapides de l’Amérique du Nord
Source : Wikimedia Commons,
https://commons.wikimedia.org/wiki/File:D115-_canot_en_%C3%A9corce_de_bouleau_sur_les_rapides_de_l%E2%80%99amerique_du_nord._-_L1-Ch2.png

Vous pourrez trouver plus d’information sur les parties du canot et sur la fabrication de cette embarcation traditionnelle sur le site Nametau Innu.

Activité : Le canot de Dédé

Objectif : Adopter plusieurs points de vue pour décrire un même objet

Mise en contexte : Dans son livre Joconde jusqu’à cent, Hervé Le Tellier décline une centaine de points de vue sur la Mona Lisa de Léonard de Vinci. On y trouve celui de Jules César, de Sherlock Holmes, de Zazie (la protagoniste de Zazie dans le métro, roman de Raymond Queneau), celui d’un enfant, d’Œdipe, de Georges Perec, du commandant Cousteau, et aussi de l’amoureux éconduit, de la mère juive, du dragueur, de la coiffeuse, du chansonnier, du jeune de banlieue et ainsi de suite.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 65 minutes au total : 5 minutes pour trouver les 4 personnages, 15 pour l’écriture de chaque point de vue

Nombre : individuel

Démarche : Dédé a construit un joli canot en suivant les instructions du guide de survie publié aux Éditions Quélidio, Comment construire un canot insubmersible en 10 leçons. Il est à noter que les Éditions Quélidio ont périclité il y a peu, faute de clients pour acheter leurs guides de survie pas très sûrs.

Dédé trouve que son canot est une véritable œuvre d’art, et ne doute pas une seconde qu’il va devenir le roi du portage. Il a même projeté de créer sa propre compagnie de canots insubmersibles. Mais personne ne l’encourage vraiment dans cette voie, à part sa maman, la belle Lucille. Maintenant que vous connaissez le contexte, c’est à vous de jouer…

  1. Choisir 4 personnages qui vont parler du canot de Dédé. Que ce soit le grand Sagamo, le laitier, la prof de sciences, le geek, le monsieur qui promène son chien, Justin Trudeau, la reine d’Angleterre, la voisine de palier, ils ont chacun leur point de vue, qui est unique.
  2. Écrire au « je » une première description du canot, tel que vu à travers les yeux de l’un de vos personnages.
  3. Toutes les 15 minutes, au son de la clochette, passer au point de vue suivant.
  4. Mettre en commun les textes de toute la classe.

Avec 4 personnages par personne multipliés par le nombre d’élèves participants, vous allez peut-être pouvoir sauver les Éditions Quélidio de la faillite en publiant un roman à succès intitulé Canot jusqu’à… x!

Nations autochtones

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