SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 11

L'esprit du lac

Biographie

Daniel Soha

Né à Aix-en-Provence, Daniel Soha a aussi vécu à Bolton (Grande-Bretagne), New York, Boston et Singapour. Il est actuellement traducteur et écrivain à Toronto. Auteur de quatre romans, il a été finaliste du prix Trillium en 2009 pour La Maison et en 2012 pour Le Manuscrit, et lauréat du prix Christine-Dumitriu-Van-Saanen en 2009 pour L’Orchidiable. Il a traduit deux recueils de poèmes (User’s Guide to a Blank Wall et How Things Got Like This) et publié un recueil de nouvelles (Amour à mort) et une compilation d’éditoriaux et de recettes de cuisine (Du cœur au ventre).

Résumé du chapitre

Corneille a un sérieux penchant pour les estaminets petits et grands, ce qui lui a valu pas mal de problèmes et de détours dans la vie. Par exemple, il s’est retrouvé enrôlé dans l’armée et expédié en Nouvelle-France par bateau, arquebuse au poing, sans vraiment savoir ni comment ni pourquoi. Un sale tour qu’on lui a joué là. Il n’est pas des plus contents, car une arquebuse c’est lourd, encombrant et malcommode. Et c’est la même chose pour cette armure de carnaval en ferraille, qui emprisonne son corps et ralentit ses mouvements.

La célèbre bataille du lac Champlain a lieu le30 juillet 1609. Corneille, qui a une vision très poétique des évènements, se laisse aller à la magie des lieux et cherche à percer le mystère des orendas des uns et des autres – l’orenda, chez les Iroquois originaires des environs du lac Champlain, est une puissance spirituelle, une entité présente dans tout être vivant, humain ou animal. Il comprend que le but de la guerre entre les différentes tribus et nations ne vient pas d’une détermination à s’exterminer les uns les autres, mais qu’il s’agit au fond de capturer les orendas de l’ennemi de manière à l’affaiblir en subtilisant sa source de vie. Deux cents Agniers contre une poignée de Hurons et d’Européens, la lutte semble inégale, et pourtant. L’arquebuse fait toute la différence et extermine sans état d’âme.

Donner sa langue au chat

Attention : dans cette activité, plusieurs réponses peuvent être valides…

1. Qu’est-ce qu’un jean-foutre?

  • Un gentil garçon
  • Un bon à rien
  • Un joli garçon
  • Un manche

2. Dans la liste suivante, quel mot est antonyme de « rotomontade »?

  • Humilité
  • Modestie
  • Simplicité
  • Bravade
  • Vantardise

3. « Faconde » est un nom féminin très péjoratif, il veut dire…

  • Volubilité
  • Péroraison
  • Mutisme
  • Concision
  • Éloquence
  • Laconisme

4. On dit de quelqu’un qu’il est « fat » lorsqu’il est…

  • Sans prétention
  • Fiérot
  • Hâbleur
  • Humble
  • Modeste
  • Suffisant

5. Au singulier, le mot « libation » veut dire « offrande », et au pluriel il veut dire…

  • Pénitence
  • Réserve
  • Beuverie
  • Retenue
  • Débauche
  • Bacchanale

6. Une « flamberge » est :

  • Une épée
  • Un casque
  • Une armure
  • Une arquebuse

7. Un éphèbe est un…

  • Gnome
  • Monstre
  • Apollon
  • Homme

8. Quand on enlève son « e » à heure, ce mot devient synonyme de :

  • Malchance
  • Heureux hasard
  • Opportunité
  • Bol
  • Pas de bol

9. « Délétère » est un mot dont il faudra se souvenir quand on fera un monovocalisme en « e ». Cela veut dire :

  • Dangereux
  • Dévastateur
  • Nuisible
  • Pernicieux
  • Salubre
  • Sain

10. Parmi ces choses, laquelle ne peut pas être lacustre?

  • Une cité
  • Un milieu
  • Une flore
  • Un sédiment
  • Un monstre
  • Un repas

Réponses : 1. Un bon à rien; Un manche 2. Humilité; Modestie; Simplicité 3. Volubilité; Éloquence; Péroraison 4. Fiérot; Hâbleur; Suffisant 5. Beuverie; Débauche; Bacchanale 6. Une épée 7. Apollon; Homme 8. Heureux hasard; Opportunité; Bol 9. Dangereux; Dévastateur; Nuisible; Pernicieux 10. Un repas

Jongler avec les mots

Activité : Homosyntaxisme

Objectif : Manipuler la langue à partir d’une forme fixe

Mise en contexte : Voici un petit jeu d’écriture qui a pour nom « homosyntaxisme ».  Vous allez écrire un texte composé d’une succession de noms, verbes et adjectifs en respectant une séquence déterminée à l’avance. Vous pouvez bien sûr ajouter des pronoms, conjonctions, prépositions, etc., pour lier le texte. La syntaxe vous est imposée dans ce jeu d’écriture, mais vos phrases seront malgré tout complètement « normales ».


Matériel :
papier et crayon et dictionnaire

Durée : 25 minutes d’écriture, plus 20 minutes de lecture à haute voix

Nombre : individuel

Démarche : En prenant comme appui le texte de Daniel Soha pour choisir un thème, rédiger un texte dont la construction suit strictement la séquence suivante, où « N » signifie nom; « V », verbe; et « A », adjectif.

N V N V A N V A A N N N V N N N V V N V N A V V N N N N

Activité : À vos plumes!

Objectif : Recycler un texte existant

Matériel : Papier, crayon et dictionnaire

Durée : 25 minutes d’écriture, plus 20 minutes de partage avec la classe

Nombre : individuel

Démarche : Une fois que vous aurez terminé votre texte de l’activité « Homosyntaxisme », vous allez le modifier, le recycler. Choisir parmi les trois contraintes suivantes celle qui vous tente le plus :

Tautogramme : tous les mots commencent par la même lettre.

Lipogramme : vous éliminez une lettre de l’alphabet, que vous ne pourrez pas utiliser.

Exercice de style : la même histoire peut être racontée de bien des façons différentes, il s’agit de choisir, par exemple, un style humoristique, mélodramatique ou définitionnel (ex. : « un autobus » devient « un grand véhicule automobile public »).

Activité : Attention! Un incipit peut en cacher un autre

Objectif : Reprendre un texte et en changer le contexte

Mise en contexte : Voici le début du texte de Daniel Soha :

« Vin Dieu!!!

Qu’est-ce qui m’a pris, non d’un chien? Pourquoi donc suis-je allé me faire engager, m’embarquer littéralement dans cette galère? Je ne suis pas soldat, moi, et encore moins rouennais, je serais plutôt poète, flâneur, contemplateur, jean-foutre, sans autre objectif que de me complaire dans l’observation des travers de mes semblables et dans le confort facile de leur critique. Encore jeune, je ne suis pas insensible aux outrages de l’âge et aux rodomontades avinées qui s’échangent bruyamment dans les estaminets. Pour tout dire, je prends grand plaisir à ma propre superficialité, que j’aime à placer sous le manteau du badinage, et que je n’hésite pas à imposer tapageusement à la pompeuse faconde des fats.  Mais parlons donc d’estaminets, puisque c’est ce genre de lieu des plus libre et débridé qui, paradoxalement, m’a précipité dans la condition la plus contraignante qui soit : celle de militaire. »

Matériel : Papier et crayon

Durée : 30 minutes d’écriture, plus 20 minutes de partage des textes

Nombre : individuel

Démarche :

  1. Imaginer un autre contexte dans lequel un engagement fort est pris à un moment de faiblesse extrême.

    Par exemple, imaginons un jeune homme ou une jeune fille, qui après avoir un peu trop fêté un événement quelconque, se retrouve tout à coup marié(e) voire même futur(e) père ou mère de famille.
  2. Réécrire l’introduction de « L’esprit du lac » en conservant la même structure, mais en changeant de vocabulaire pour adapter le récit au nouveau contexte.

Activité : C’est pas moi, c’est lui

Objectif : Passer du « je » au « il »

Mise en contexte : Écrire à la troisième personne donne du recul, permet d’avoir une vue d’ensemble, dégage moins d’émotion brute. Il reste quand même à choisir si le narrateur est omniscient (il voit tout, il sait tout), ou s’il est limité à sa propre expérience (point de vue interne), ce qui fera une grande différence.  Le récit à la première personne n’offre pas une grande fiabilité pour le lecteur, puisqu’il part d’un point de vue unique, d’une interprétation des événements. Ce narrateur est très subjectif. Cependant, le fait qu’il cogite en même temps que le lecteur permet une plus grande identification entre les deux.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 20 minutes d’écriture

Nombre : individuel

Démarche : Le début du chapitre 11 est écrit à la première personne, il faut maintenant le transposer à la troisième personne.

Combiner, avec ce changement de narrateur, un changement de registre, de style, pour obtenir un texte complètement original, très différent du texte de départ qui était construit comme une anecdote.

Jouer avec le texte

Activité : Les synonymes

Objectif : Élargir son vocabulaire

Mise en contexte : Un synonyme est un mot ou une expression de sens équivalent à un autre mot ou à une autre expression. L’utilisation de synonymes est un excellent moyen d’enrichir le vocabulaire d’un texte.

Matériel : Dictionnaire

Durée : 20 minutes 

Nombre : Individuel

Démarche : Voici un extrait tiré du livre Sur les traces de Champlain. Directement à l’ordinateur, remplacer les mots dans la boîte par leur synonyme.

Cuisine à la page

Titre : Les trois sœurs : la courge, le maïs et le haricot, Diane Boily
Source : Site Édutic-UQTR, AKI : Sociétés et Territoires autochtones

Les Autochtones ont toujours associé la culture du maïs, de la courge et des haricots, ce qui était une bonne idée dans la mesure où cette association repose sur la complémentarité des trois végétaux. Le maïs, plus grand que les autres, sert de tuteur pour les haricots grimpants. Les haricots apportent de l’azote dans le sol, une bonne chose pour les autres plantes qui en ont besoin pour se développer. Les courges, quant à elles, offrent une merveilleuse couverture de verdure grâce à leur feuillage abondant, qui aide à conserver un taux d’humidité satisfaisant et empêche les mauvaises herbes de gagner du terrain. Cette technique est tellement raffinée qu’elle est encore utilisée aujourd’hui à différents endroits dans le monde et pas seulement au Canada. Quand la saison est terminée, ce qui reste est transformé en compost, ce qui explique pourquoi les fervents de l’agriculture biologique sont tellement enthousiastes à l’idée de cultiver les trois sœurs comme le faisaient déjà les autochtones il y a bien longtemps.

Potage des trois sœurs (courge, maïs et haricot)

Ingrédients (pour 4 personnes)

  • 800 g de courge
  • 250 g de haricots noirs
  • 150 g de maïs en boîte ou frais
  • 1 oignon
  • 2 branches de céleri
  • 2 gousses d’ail
  • 800 ml de bouillon de légumes ou de poulet
  • 3 brins d’origan (frais si possible)
  • 3 c. à soupe d’huile
  • Tabasco
  • Sel et poivre

Préparation

  • Épluchez la courge, éliminez les pépins et les filaments, coupez la chair en dés.
  • Effilez le céleri et coupez-le en petits morceaux; pelez et hachez l’oignon et l’ail.
  • Faites chauffer l’huile dans une cocotte. Mettez l’oignon, l’ail et le céleri à revenir 5 minutes, sans colorer, puis ajoutez la courge et faites-la un peu revenir en remuant. Ajoutez un brin d’origan, et versez le bouillon. Salez, poivrez, laissez frémir 25 minutes.
  • Rincez les haricots et le maïs plusieurs fois. Égouttez-les et mettez-les dans la cocotte, comptez 5 minutes, le temps qu’ils réchauffent. Ajoutez du Tabasco selon votre goût, parsemez du reste d’origan et servez très chaud.

Activité : Les trois sœurs, phase 1

Objectif : Étendre son champ lexical

Matériel : Papier, crayon et dictionnaire

Durée : 20 minutes de recherche individuelle, plus 20 minutes de mise en commun

Nombre : individuel et classe

Démarche : 

  1. Créer un champ lexical se rapportant à la courge, au maïs ou au haricot, au choix.

    Voici un exemple de champ lexical pour le haricot : conserve, fève, féverole, légume, légumineuse, lentille, mange-tout, potage, plante, rouge, soja, trempage, vert, etc.
  2. Mettre en commun toutes les trouvailles avec la classe pour avoir des champs lexicaux aussi complets et variés que possible.

Activité : Les trois sœurs, phase 2

Objectif : Expérimenter avec l’alexandrin

Matériel : Papier et crayon

Durée : 35 minutes d’écriture, plus 20 minutes de partage à haute voix

Nombre : individuel

Démarche : Créer un sonnet ou une chanson de geste en alexandrins (des vers comptant 12 syllabes) qui décrivent les atours de la courge, du maïs ou du haricot (voire d’une combinaison des trois!) en vous référant aux champs lexicaux créés en phase 1.

Quand on attrape le vertige de l’alexandrin, on ne peut plus se passer de penser en alexandrins, de parler en alexandrins, de respirer l’alexandrin; vous devriez avoir atteint ce stade quand vous aurez terminé.

Histoire et géographie

Les Iroquois au temps de la Nouvelle-France

À l’arrivée des Européens, les Cinq-Nations iroquoises formaient une véritable fédération. Elles prenaient leurs décisions en commun quant aux relations à entretenir avec les autres groupes. Plus tard, les Tuscaroras se joignirent à la ligue, qui deviendra la Confédération des Six-Nations, aussi appelée la Ligue des Iroquois. Même si ce sont les anciens et les chefs de grandes familles qui ont le plus d’influence, les décisions par le conseil de la ligue sont prises à l’unanimité. Lorsque l’unanimité ne peut pas être obtenue, la prise de décision est mise de côté et réexaminée plus tard. Onantagué était la capitale de l’Iroquoisie. Elle se trouvait au sud du lac Ontario et au sud-ouest de la rivière Richelieu.

Activité : Conseil des Cinq-Nations

Objectif : Approfondir l’Histoire

Mise en contexte : Voici une carte qui représente le territoire occupé par les Iroquois, dont une grande partie se trouve aux États-Unis; on y remarque que les Agniers étaient riverains du lac Champlain (tout en haut à droite, sur la carte).

Titre : Les Cinq Nations iroquoises (1650), R. A. Nonenmacher
Source : Wikimedia Commons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Les_Cinq_Nations_iroquoises_(1650).svg

Matériel : Papier et crayon

Durée : 90 minutes d’écriture, plus 20 minutes de représentation

Nombre : en groupe de 5

Démarche : Imaginer un conseil des Cinq, chaque élève du groupe représentant une nation.  Les Cinq Nations ont décidé de frapper un grand coup, et d’éliminer les Hurons. C’est le prélude à la bataille qui opposa les Iroquois à Champlain, venu soutenir les Hurons. L’action se rend jusqu’au début de la bataille, alors que les Iroquois croisent pour la première fois l’arquebuse décrite par Frédéric Forte. Reprendre tous les renseignements contenus dans le chapitre de Daniel Soha, et mettre en scène ce conseil comme une pièce de théâtre que vous allez jouer devant votre classe. Imaginer jusqu’aux accessoires utilisés par les représentants des différentes nations et que vous devrez mimer.

Nations autochtones