SUR LES TRACES DE CHAMPLAIN

Chapitre 1

Une semaine en enfance

Biographie

Paul Fournel

Paul Fournel est né à Saint-Étienne, en France, en 1947. Il vit à Paris. Il a publié des nouvelles : Les petites filles respirent le même air que nous, Les athlètes dans leurs tête (Goncourt de la nouvelle), Courbatures; des romans : Chamboula, Un homme regarde une femme, La Liseuse, Anquetil tout seul (Prix Jules Rimet); des poèmes : Toi qui connais du monde, Le Bel Appétit; du théâtre : Foyer-jardin. On lui doit aussi quelques ouvrages publiés sous le nom de Profane Lulu, anagramme de Paul Fournel. Il est entré comme esclave à l’Oulipo en 1971 et il en est le président depuis 2004.

C’est également et par-dessus tout un passionné de vélo. Il en possède une collection impressionnante, et chaque fois qu’il part à l’étranger, il emporte au moins un de ses chers deux-roues, si ce n’est plus.

Résumé du chapitre

L’histoire commence vers 1580. Le petit Samuel court aussi vite que ses petites jambes le permettent, mais il a du mal à tenir le rythme. Sa maman est très émue et veut lui montrer le beau cavalier qui galope au loin sur son grand destrier blanc. C’est un homme important, c’est Henri de Navarre, futur roi de France. Le petit Samuel est ému lui aussi sans trop comprendre pourquoi. Le cavalier lui inspire une confiance innée. Il découvrira plus tard que son destin est fortement lié à cet homme qui galope fièrement sur les routes de campagne aux alentours de son village natal, Brouage, petit port du bord de mer en Charente.
Au fil des jours, Samuel grandit, Samuel étudie, ses maîtres sont fiers de lui. On l’instruit sur les mathématiques, le ciel, l’arquebuse, les bateaux, la géographie. Irrésistiblement attiré par la mer, il rêve d’aventure au loin, sur les terres du Nouveau Monde qu’il est impatient de découvrir. Petit à petit, leçon après leçon, il se forme et se transforme. Un jour, son père lui confie la barre de son bateau pour rentrer au port. Samuel sait désormais ce qu’il adviendra de lui plus tard : il sera capitaine de marine. Il ne sait pas encore qu’il partira à la recherche d’un passage vers la Chine, il ne sait pas non plus qu’il ne le trouvera pas. Pour l’instant, son avenir s’étend devant lui, au bout de l’horizon où les flots l’emporteront, et il n’a de cesse de prendre la mer pour de bon.

Donner sa langue au chat

1. Quel mot n’appartient pas à la famille du mot « saline »?

  • Salière
  • Saliculture
  • Demi-sel
  • Sodium

2. Que signifie le mot « suif »?

  • Graisse des ruminants
  • Résidu qui recouvre l’intérieur des cheminées
  • Polluant
  • Filtre pour cheminée
  • Individu qui nettoie les cheminées

3. Tous ces noms désignent des modes de transport maritime, à l’exception d’un seul qui désigne un transport maritime et terrestre. Lequel?

  • Le flibot
  • Le galion
  • La patache
  • La hourque

4. Dans un bateau, l’étrave est la pièce massive qui termine la charpente à…

  • l’avant
  • l’arrière

5. Au Moyen-Âge, que sont les estampies?

  • Des danses
  • Des chansons
  • Les deux

6. Si, dans le langage familier, l’expression « fermer ses quinquets » veut dire « fermer ses yeux », alors que veut dire le mot « quinquet »?

  • Chambre
  • Lampe à huile
  • Fenêtre
  • Porte

7. Les cagouilles se mangent au petit déjeuner, au dîner, au souper, et sont délicieuses pour certains, dégoûtantes pour d’autres. Que sont-elles?

  • Escargots
  • Poissons
  • Faisans
  • Caribous

8. « Faire bombance » est synonyme de banqueter, festoyer, ribouldinguer, ripailler, bambocher, gobichonner, gueuletonner, festiner, etc.
Que veut dire cette expression?

  • Boire beaucoup
  • Manger abondamment
  • Recevoir des amis

9. « Caboter » est un terme de marine qui veut dire…

  • Naviguer à faible distance des côtes
  • Naviguer en haute mer
  • Faire de la navigation hauturière

Réponse :

1. Sodium 2. Graisse des ruminants 3. La patache 4. L’avant 5. Les deux 6. Lampe à huile 7. Escargots 8. Manger abondamment 9. Naviguer à faible distance des côtes

Jongler avec les mots

Activité : Samuel de Champlain à 6 ans, 10 ans, 15 ans

Objectif : Adapter le niveau de langage à l’âge du narrateur

Mise en contexte : Le poème est un genre littéraire qui a des formes très variées et qui privilégie l’expressivité de la forme. Les mots en disent plus long que leur sens et leur agencement particulier fabrique des images très riches. Il peut être en rime ou en prose, à forme fixe ou libre.

Matériel : Papier et crayon

Durée : 15 minutes de préparation, 30 minutes d’écriture, 15 minutes pour la lecture à haute voix

Nombre : individuel

Démarche : Vous êtes Samuel de Champlain qui rêve de son futur. Il habite à Brouage, dans la Charente-Maritime, il veut prendre la mer, mais il est trop jeune. Prenez un sous-chapitre du texte de Paul Fournel, et donnez une voix au petit Samuel. Attention, un enfant ne parle pas comme un adulte, sa pensée ne fonctionne pas avec la même logique.

Qui dit changement de narrateur, dit changement de point de vue. Commencez par comprendre les enjeux d’écriture lorsque le narrateur est un enfant ou un adolescent : trouvez à quoi ressemble son vocabulaire, son niveau de langue, ses préoccupations, etc.

Activité : Logorallye

Objectif : Débloquer, développer l’imaginaire, la créativité

Matériel : Papier et crayon

Durée : 25 minutes d’écriture, 20 minutes de lecture à haute voix et d’échanges

Nombre : individuel

Démarche : Voici des mots apparaissant dans le texte de Paul Fournel. Racontez une histoire cohérente en utilisant les images hétéroclites, au nombre de 10, qui vous seront données, en respectant l’ordre où elles vous sont présentées.

Mots : Cheval blanc, banc de pierre, navire, tonneau, canon, pirate, étoile, chaudron, poisson, chaise, chemise, chapeau avec une plume de faisan, queue de castor et fourrure, rivière, chandelle, victuailles, pièces d’or, étoffe de soie, ancre, costume neuf, marin, fête, pâté en croûte, arquebuse, enfant.

  1. L’enseignant écrit les mots sur des bouts de papier puis en pige 10 au hasard, déterminant le contenu dont devra s’inspirer les élèves dans leur écriture.
  2. En utilisant ces mots et sans modifier leur séquence, les élèves écrivent un texte suivi.

Jouer avec le texte

Activité : Les synonymes

Objectif : Élargir son vocabulaire

Mise en contexte : Un synonyme est un mot ou une expression de sens équivalent à un autre mot ou à une autre expression. L’utilisation de synonymes est un excellent moyen d’enrichir le vocabulaire d’un texte.

Matériel : Dictionnaire

Durée : 20 minutes 

Nombre : Individuel

Démarche : Voici un extrait tiré du livre Sur les traces de Champlain. Directement à l’ordinateur, remplacer les mots dans la boîte par leur synonyme.

Cuisine à la page

Activité : Le bel appétit

Objectif : Écrire un poème à partir d’un champ lexical particulier – ici, la cuisine – en utilisant les cinq sens

Matériel :
Papier et crayon

Mise en contexte : Le poème est un genre littéraire qui a des formes très variées et qui privilégie l’expressivité de la forme. Les mots en disent plus long que leur sens et leur agencement particulier fabrique des images très riches. Il peut être en rime ou en prose, à forme fixe ou libre. Paul Fournel est un grand gourmand; dans son recueil de poèmes de tables Le Bel Appétit, il relate en vers des souvenirs de sauces, des parfums de ragoûts, des caresses de fruits. Ses poèmes sont improvisés selon les trouvailles du marché ou bien ce sont des recettes anciennes, rondel, villanelle, pantoum, terrine, sonnet, étreinte, ballade, comme autant de légumes dans le pot du bel appétit.

Voici un poème bien appétissant tiré de ce recueil…

Casse-croûte fixe

C’est un rondel de saucisson,
C’est aussi un rondel de pain, Car c'est toujours main dans la main
Couchés sur l’autre qu'ils sont bons.
On peut y glisser cornichons,
On peut prévoir un peu de vin,
C’est un rondel de saucisson,
C’est aussi un rondel de pain,
Souvent on beurre son croûton,
On fait preuve d’esprit malin
En tranchant large en tranchant fin,
On peut ajouter du jambon,
C’est un rondel de saucisson.

(Paul Fournel, Le Bel Appétit, Éditions P.O.L., 2015)

Matériel nécessaire: Papier et crayon, de bons yeux, un certain goût pour l’humour

Durée : 1 heure

Nombre : individuel ou en groupe de 2

Démarche : À votre tour d’écrire un poème à partir d’une recette inspirante.

  1. Trouver, dans un livre ou sur internet, une recette inspirante.
  2. Construire le champ lexical propre à la recette choisie.
  3. Enrichir ce champ lexical par d’autres termes liés au vocabulaire culinaire.
  4. Construire le champ lexical propre à la recette choisie.
  5. En s’inspirant du champ lexical assemblé et de l’exemple fourni par Paul Fournel, rédiger un poème rendant hommage à la recette choisie. Le poème fera appel aux sens (goût, toucher, vue, odorat). Il ne vous restera qu’à vous mettre en appétit les uns les autres en lisant vos créations à haute voix!

Histoire et géographie

Titre : Le Brouage : Plans des ports de France (1777)
Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File :Plans_des_ports_de_France_(1777)_-_Le_Brouage.jpg

Champlain, d’un côté à l’autre de l’océan

Il n’existe pas de certitude quant à l’année de naissance de Samuel de Champlain, qui se situerait entre 1567 et 1574 mais on sait qu’il a passé son enfance à Brouage en Charente-Maritime. Dès le début du 17e siècle, Champlain s’avère être un grand navigateur, mais aussi un cartographe de talent, un soldat émérite, un explorateur hors pair, un géographe visionnaire, un commandant sans égal et un auteur de récits de voyage passionnant. Dès ses premiers voyages, il sera protégé en haut lieu, puisque c’est Henri de Navarre, devenu roi de France, qui financera ses expéditions jusqu’au moment de son assassinat en 1610. Par la suite il reviendra souvent dans la mère patrie à la recherche de fonds pour faire vivre les colonies de la Nouvelle-France, mais ayant perdu le soutien de Henri IV, il lui sera de plus en plus difficile de trouver des subsides. La Nouvelle-France étant bien loin, elle n’était plus la priorité des autorités françaises.

Après un premier voyage en 1603, Champlain fonde en 1608 la ville de Québec afin de procéder à l’installation d’une nouvelle colonie française. Entre son premier séjour et 1632, il fait plus d’une vingtaine de traversées entre la France et la Nouvelle-France, explorant toujours plus avant ce continent qu’il aime passionnément. Il cherchera quasiment jusqu’à sa mort une route vers l’Orient et sillonne sans relâche fleuves et lacs dans le but de trouver ce passage qui favoriserait le commerce. Il y renoncera finalement peu de temps avant de mourir, le 25 décembre 1635, à Québec.  D’autres devront finir les préparatifs de la fondation de Montréal, qui aura lieu en 1642.

Titre : Vue du port de La Rochelle vers 1830, Ambroise-Louis Garneray
Source : Bibliothèque et archives Canada, R13791-0-6-E

Activité : Écrire à partir d’une image

Objectif : Apprendre à regarder, traduire une image en mots, filtrer l’information

Matériel : Papier et crayon

Durée : 30 minutes

Nombre : individuel

Démarche : Choisissez l’une des deux illustrations ci-dessus. Imaginez que Samuel de Champlain en est l’auteur, et décrivez ce qui lui est passé par la tête, ce qu’il voulait nous montrer, partager avec nous. Comment, s’il avait choisi d’écrire, aurait-il formulé avec des mots ses impressions du moment? Référez-vous au bref résumé de l’histoire de Samuel de Champlain pour vous aider à situer historiquement votre récit.

Nations autochtones

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